cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Big Mac

Donc, me voici hier matin dans ces beaux quartiers, pour un examen médical. Tout va bien. Sortant de là, je me dis, Va, et me dirige vers ces Champs Elysées où je marche si rarement. Le matin, tout est encore aéré, la circulation moindre, la foule, absente. Je constate l’immense boutique que s’apprête à ouvrir une de mes enseignes préférées, les travaux se terminent. La porte est majestueuse. À fuir. Je traverse. Toujours le charme de Guerlain. Des vitrines avec les fleurs des champs. Et j’arrive devant Mc Donald’s. Des plombes que je n’avais pris un hamburger entre les mains. Va ! Bon, j’y vais donc. Un long couloir, genre couloir de métro un jour de pluie ; au bout, les comptoirs. Peu de personnel. Je m’approche. Un adorable monsieur me demande ce que je veux. Un BIGMAC et une petite frite s’il vous plaît. Il me regarde, ahuri. Il faut commander aux bornes, qu’il me montre. Je me retourne et vois le long du long couloir une longue file de bornes genre téléphoniques. Je sais pas faire ça… Devant ma peine, il me rassure. Je veux bien prendre votre commande. Je règle. Et vais m’asseoir derrière un truc genre parloir de prison, comme on voit dans les films noirs. Le Big Mac arrive. Je jubile, en gamine. J’ouvre la boîte en carton. Et prends le hamburger à deux mains. Tente de le porter à la bouche qui sourit déjà. Des bouts de salade coupée menue s’en échappent, tombent sur la table. La sauce aussi tente de jouer sa partition. Tu ne m’auras pas, lui dis-je. Et je savoure le premier morceau… La déception, d’entrée de jeu. Trop cuite la viande. Aucun goût. Je suis désolée pour l’animal. J’ai de la sauce aux bouts des doigts. J’ai l’impression que tout dégouline… Dépitée, je mange piano piano cet hamburger sans goût malgré les ingrédients, les morceaux de ceci de cela. Je ris de moi-même. Ce n’est pas grave me dis-je. Maintenant tu sais.


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  1. Tenté, comme vous, même si très rarement, de retourner une fois dans ce qui q’appelle « restaurant » rapide, ce serait davantage pour la joie qu’avait mes enfants d’y être. Mon souvenir n’a jamais été gustatif.
    Désormais, mes enfants devenues (on dit bien un ou une enfant, non?) grandes n’y vont plus et ne suis pas certain qu’elles y mèneraient les leurs… s’il y en avait.

    • admin

      Chi lo sa ?
      Il était absolument dégueu le big mac… La salade pitoyable. La sauce sans goût juste l’épaisseur pour couler sur les doigts.

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