Lorsque vous apprenez la mort de quelqu’un que vous avez connu, tout remonte. Même s’il s’agit d’une petite chienne. Louise vient de mourir.
Je l’ai rencontrée le jour où Clem me présenta sa mère. Rose vivait avec Louise dans l’Ile Saint-Louis. Rose se déplaçait avec un vieux vélo rouillé sur lequel elle mit un panier et Louise dans le panier. Elles faisaient des virées sans compter, notamment vers les restaurants gastronomiques dont Rose était une fidèle. Pas un chef étoilé qui n’ait caressé Louise. Pareil pour les déplacements en province. Avec son mari et Louise, Rose prenait l’Autoroute du Sud chaque dernier samedi d’Août, à 8 heures 30 précises, pour sillonner vers les Etoilés de là-bas. Imaginez le vélo et le panier sur le toit de la Jaguar !… Un jour de grande circulation, ils étaient un peu avant Lyon, je crois me rappeler, la Jaguar n’avançait pas. Rose en eut assez, demanda à son mari de libérer le vélo, elle prit Louise qu’elle mit dans le panier, et les voilà parties sur la bande d’arrêt d’urgence… J’aurais voulu voir la tête de la personne au péage, lorsqu’elle expliqua que son mari arrivait…
Puis Rose mourut. Et une des filles de Clem emmena Louise à Boston.
Une voyageuse, Louise.
Bon voyage Louise…

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