cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Reine d’un jour

La photo est prise à Venise. Un jour d’été sûrement très chaud.
Je suis seule, attablée derrière une de ces tables ovales à l’intérieur du Caffè Florian. Derrière moi, le miroir ancien joue le jeu. Ce qui est inédit, c’est l’image. Je suis tout, sauf discrète. Une reine. Rien de vestimentaire, de spectaculaire, tout est dans le regard dirigé vers le photographe. Je porte un simple débardeur sans manches Agnès B en coton léger, bleu marine, très décolleté, on voit la naissance des seins, pas de soutien-gorge, d’évidence. Deux petits boutons blancs donnent de la lumière et attirent le regard. Le visage, les bras sont bronzés. La main gauche est posée sur le dessus en marbre de la table. Au bras droit, dont la main soutient le menton, un large bracelet doré. Les cheveux, en masse, autour du visage, telle une cascade bouclée très brune jusqu’aux épaules. On pourrait me dire sortie d’une peinture de la Renaissance, tant le temps semble aboli. Lèvres, comme un appel, dessinées avec un léger blush, les yeux sont noircis. Le regard est d’une extrême force. Captivant. Il dit tout de l’amour pour le photographe. Il dit tout de ce qui s’est passé la nuit d’avant. Il dit tout du lien entre ces deux-là.

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  1. Il faut donc imaginer la photo…

    Par contre, le café Florian, je le vois bien puisqu’on y avait même acheté des verres à champagne et une carafe (avec son logo gravé).

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