Comment dérouler la séance d’hier avec Catherine…
Peut-être commencer par ce qui fut d’abord un bon moment encore copines. Maïa était venue nous accompagner pour le déjeuner. Maïa, licence de journaliste obtenue à l’Université de Columbia, excusez du peu, travailla en zones de guerre comme reporter photographe pour Le Monde, l’AFP. Puis, restructuration oblige, fut licenciée. Déprime. Piges à droite, à gauche. Galère. Maladie. Déprime. Catherine ne l’a pas lâchée. Résurrection. Elle écrit son premier roman. Aime son mari et les enfants vont bien.
Catherine avait préparé chez elle un magret. Pour l’accompagner, elle cuisit des haricots verts sur le plus petit réchaud du monde dans la partie de son antre réservée à l’esprit cuisine. Maïa apporta les entrées. Et moi le vin sans oublier quelques pistoles en chocolat noir. Catherine nous annonce qu’elle a peut-être trouvé un amoureux… Raconte, raconte, disons-nous… Une amie lui suggéra de s’inscrire sur Adopte un mec.com. Et, bingo… Avec Maïa, nous l’avons trouvé plutôt bien ce Mec.com. Il a de l’esprit. Et prêt à se rendre en Corse pour rencontrer Catherine.
Maïa nous lâcha à 15 heures.
En fait ce n’est pas un adieu qu’il te faut dire à cet homme-là me dit Catherine. Imagine, me dit-elle, un de ces grands meubles en bois que l’on trouve dans certaines pharmacies. Il te faut garder dans un tiroir le bon qu’il te donna ou que tu éprouvas. À disposition. — J’acquiesce.
Parfaitement détendue, l’entrée en hypnose fut facile cette fois. Le ranger, j’y parvins très bien, d’un geste sûr, sans éprouver le moindre regret, le moindre chagrin, dans un grand tiroir de ce magnifique meuble d’apothicaire qui se trouvait dans cette non moins sublime orangerie, allez savoir pourquoi. La lumière extérieure pénétrait en rayons et illuminait la scène. La beauté fut que je le plaçai dans le même tiroir où se trouvaient déjà Urli et Clem.
Sors de l’orangerie me dit Catherine. Que vois-tu ? Que fais-tu ?
Il fait beau dehors. Plein soleil. Le long de l’orangerie il y a un sentier de terre, très beau, plein d’herbes folles, de rosiers touffus aux fleurs claires, légères, qui bougent avec ce léger vent. Avançant vers moi, mon bel amoureux, habillé en blanc, non pas chic, mais simple, pantalon ample en lin, il porte une sorte de bob. L’ombre de son chapeau d’été m’autorise à ne voir que le bas de son visage. Il me sourit.


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