Il a bien fallu descendre à la cave.
Avec Marie, qui s’occupe de vendre la maison. Je déteste les caves, ça remonte à la nuit des temps. Nous descendons donc. Impression d’être dans un film d’aventures, un château cathare. Les grosses pierres. L’odeur de la terre. Les portes fermées. Evidemment je ne sais pas sous quel numéro se trouve ma cave. Finalement, après une déambulation et la visite des portes, dans cette odeur d’humidité, nous la trouvons. Pas de verrou. Les déménageurs ont fait comme ils ont pu pour déposer les choses inutiles à l’appartement. C’est un foutoir ! Un foutoir. Sur le devant, posé sur un paquet, la boîte à cigares d’Urli. Tu la gardes ? me dit Marie. J’opine de la tête. — Mais non, ce matin je sais que je ne la garderai pas. Urli n’est pas dans la boîte à cigares. J’avais aimé respirer l’odeur forte de caramel de son dernier cigare, un Lusitania. Le mettre entre mes lèvres. C’était comme un baiser qu’Urli me donnait. Et puis le Lusitania s’est effrité. Urli n’est pas dans le cigare.

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