cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Le suc

J’hésite d’évidence entre deux titres pour ce nouveau billet. Hésitation entre deux humeurs pour l’écrire. Curieuse sensation. Une forme de colère, diffuse, incompréhensible et l’idée, émouvante, d’une nouvelle aventure à vivre. J’ai pris Colette, 3, 6, 9.. Ses maisons, ses déménagements. Quand un logis a rendu tout son suc, écrit-elle, la simple prudence conseille de le laisser là. C’est un zeste, une écale. Nous risquons d’y devenir nous-mêmes la pulpe, l’amande, et de nous consommer jusqu’à mort comprise. Plutôt repartir, courir l’aventure de rencontrer, enfin, l’abri qui n’épuise point : tous les périls sont moindres que celui de rester.
Elle n’a pas encore donné tout son suc ma délicieuse maison. Pas encore. Mes imprudences multiples m’ont rendue prudente, de fait. J’ai donc choisi l’ailleurs avant d’atteindre les périls de rester.
En 7 jours ma maison a été choisie par un jeune couple sous le charme d’une lumière, d’un silence. Et donc ce matin : j’ai faim. Des oeufs sur le plat. Dans cet état de pré-tristesse le Triple concerto. Le Triple concerto. Il fait le job, Beethoven. Là… Don Giovanni, pour baffer la colère.
Et je claque les doigts, et je chante.
Sacré Mozart !…. Là mi dirai di si… Vedi, non è lontano…partiamo da qui…
Partons d’ici…

*

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  1. On dirait le suc… le temps dure longtemps… 🙂

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