cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Le petit tableau

Ils sont venus à deux pour vider la cave. Des restes de la maison de Chatou, d’avant Chatou… de Paris. C’est insensé tout ce que l’on peut entasser et que l’on met ensuite dans une cave, comme si s’en séparer allait nous apporter la poisse. Non, je n’ai pas gardé la boîte à cigares d’Urli. Rien ne serait plus triste qu’une boîte à cigares vide, sans odeurs. Nous avons là des étagères à foison. Des papiers à n’en plus finir sur la boutique, des compte-rendus sur l’agence de presse. Petits objets, paniers en rotin, vieilles gravures piquées, tableaux inutiles, et d’un coup, sous un papier bulle, un petit carton, peint par ma marraine, la maison de la Drôme. L’arrière de la maison, l’entrée de la cuisine et l’escalier descendant vers le jardin fleuri. D’une naïveté qui m’a bouleversée. Le petit chat noir à sa place, assis, tranquille devant cette porte ouverte, face à ce paysage du Vercors. Oui, je te garde, toi. Illico je l’ai mis dans la cuisine, à côté du dessin d’enfant représentant Clem et moi, le petit coucou suisse, l’essai peinture d’Urli, en Toscane. Oui…, tout va bien.

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  1. Il faudrait agrandir le tableau… 🙂

  2. Bennani

    Heureux de vous lire, vous m’avez manqué
    La MM écriture simple et incisive, le rien a aussi sa signature. L’odeur du cigare, je les fumais moi aussi.

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