cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Un moineau de Paris

Je ne m’attendais pas à le voir arriver, se poser dans un des bacs des fenêtres au 4e étage de l’appartement où je vis. Qu’il puisse voler si haut. Un moineau. Un petit moineau de Paris. Je les vois, les moineaux, au Jardin, oui. En groupe. Ils font d’ailleurs grand bruit dans les feuillages. J’adore ça. Dans les rues de la ville, leur présence est discrète, on ne les entend pratiquement plus. Eux qui picorent au sol la moindre graine, ne trouvent que routes et trottoirs bétonnés. Quelques jardins. Quelques parcs. De moins en moins de moineaux.
Il était donc là le moineau. Posé près du rosier. Il regardait la boule de graisse accrochée à un pic sur le jasmin. Peut-être à vingt centimètres au-dessus de lui. Il semblait désarmé. Indécis. La regardant. Voyant cette nourriture inaccessible. Il ne savait pas, lui, l’oiseau des trottoirs, qu’il fallait s’agripper à la boule.
Il ne savait pas.
Ce détail qui change tout m’a bouleversée.
Je vais essayer de trouver un truc, s’il revenait.


*

Précédent

Le pain au lait

Suivant

La marchande

  1. Peut-être essayer, pour le subjuguer, un disque de la môme Piaf ?… 🙂

  2. Bennani Mohamed Abdou

    Mohamed Abdou Bennani
    Les oiseaux fouillent Paris à cause de la pollution. Est

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

%d blogueurs aiment cette page :