cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

La marchande

Ils sont donc revenus ce samedi matin, comme prévu, Elle et Lui qui souhaitent reprendre cet appartement. Accompagnés de deux amis architectes, ils formaient un quatuor sympathique.
Quatuor qui se mit à déambuler dans ma maison après les présentations d’usage. Les politesses, Voulez-vous un café ? Long ? Court ? Du sucre ? J’entendais des retours de phrases sur l’environnement, le silence, la lumière, l’ambiance. Ils notèrent la présence de Le Corbusier, ce qui me fit plaisir et sourire. -Vous allez être bien ici c’est une évidence disait l’amie. Oui, regarde la largeur de la bibliothèque pour vos livres disait l’ami. 23 cms, c’est parfait. – Oui, comme vous, nous avons beaucoup de livres.
Installée devant la table en rotin, au soleil, face à l’ordinateur rose, je faisais semblant d’être concentrée sur un texte qui me pose d’ailleurs un vrai foutu problème. Il me semblait que j’étais la marchande comme jouent les enfants.
Je ne sais ce qu’il adviendra.
Je sais, par contre, qu’oubliés les soucis d’argent, j’aurais changé de lieu de vie, même si tout ici est délicieux.
Il me faut avoir un peu peur. Voir ailleurs.


*


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Un moineau de Paris

  1. Bennani Mohamed Abdou

    Vendre sa maison, je serais malheureux

  2. Marchande d’oublies ?… 🙂

  3. L’appart appartient toujours à quelqu’un… 🙂

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