Lorsque j’ai décidé de vendre l’appartement du Cherche-Midi, beaucoup me dirent : Dois-tu vraiment le faire ? C’est tellement bien et calme ici. Bien sûr ils comprenaient l’aspect financier. Même si cet aspect est évident, ce n’est pas pour cela que j’ai voulu le faire. Non pas changer pour changer. Changer pour retrouver le goût de bouger. De sortir. D’emblée, mon idée fut de trouver quelque chose de petit. Il faudrait me séparer d’un certain mobilier. Oui. Qu’importe. Alors je me mis à chercher. En fait, j’ai vu très peu de lieux. Un, où je fis d’ailleurs une hasardeuse offre d’achat. Tout ça parce qu’on voyait trois coquelicots en face, oubliant la masse des travaux. Et puis c’était à Monge, où Laura avait été à l’école primaire… Mais je sentais que quelque chose n’allait pas. Alors je suis allée voir Yass. D’emblée, il fut réticent sur le lieu. Oui, c’est pas mal… mais je vous vois ailleurs. Près de la Seine, l’appartement n’est pas grand au deuxième ou troisième étage… C’est petit, mais c’est chouette !
J’ai annulé la promesse et repris la quête.
J’ai pas attendu longtemps. Une rue où je ne pensais jamais aller. Derrière le bel immeuble, une jolie cour pleine de plantes en pots, des jasmins, deux trois rosiers, pas de porte, une entrée assez vaste avec un bel escalier en bois. J’ai vu cet escalier comme des bras tendus vers moi. Te voilà ! Un appartement par étage. Pas d’ascenseur. Au troisième et dernier étage, la petite porte. Aussitôt, franchie, comme une bouffée d’énergie me revitalisant. J’ai déambulé. Et plus je marchais, plus l’évidence se faisait. Oui, ai-je dit. J’ai signé la promesse sur le champ. Enfin rassurée. Suis revenue une seconde fois pour le plaisir avec un entrepreneur et son architecte d’intérieur. Me suis amusée en filmant ma déambulation. J’ai envoyé cette petite vidéo à des amis.
J’ai quitté l’appartement du Cherche-Midi en le remerciant, lui souhaitant bon vent avec les nouveaux venus, un couple délicieux, qui vont l’aimer à coup sûr. Et me retrouve en attendant la signature définitive dans un appart hôtel.
Le beau de tout ça, c’est l’appel que je n’attendais pas. Je vois apparaître le nom de Philippe Model sur mon portable. Je lui parle de l’appartement. Il veut le voir. Nous y allons. Et là, lui aussi tombe sous le charme. Il dessine. Il dessine. Les idées fusent. Il va travailler avec Yannick et Jean-Baptiste pour le côté technique et logistique.
Je suis sidérée. Comme si tout s’emboîtait, de fait.
Est-ce cela la justice poétique ?

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