Nous rentrons de promenade avec Erri en cette fin de journée parisienne. Arrivés devant l’hôtel, je regarde les jeux de la lumière sur les bâtiments de pierre blonde en face, les ombres. Ces couleurs indescriptibles qui me fascinent.
Je vois sortir de l’hôtel un des employés qui s’occupe de l’accueil, il s’arrête devant la porte, porte ses mains à sa taille, lève la tête et regarde. Il regarde lui aussi cette lumière. On ne connaît un peu maintenant, je lui dis : « On a envie de la photographier, quelle beauté ! » . — « Mais je suis photographe ! Je suis sorti parce que je sais que c’est son l’heure, celle où elle est la plus belle. »
Je comprends alors qu’ici, son travail dans cet hôtel, n’est qu’un complément de salaire. La presse va mal.
Il a bossé, collaboré avec les grandes agences photographiques françaises, enseigné la photographie à la Sorbonne… Je suis juste admirative. Stupéfaite lorsqu’il me dit avoir entendu parler de notre agence.
L’homme, petit, mince, d’origine vietnamienne, portant cheveux blancs maintenant, je le vois se faufiler avec son appareil argentique pour faire LA photo, comme lui a appris son Maître, Cartier-Bresson.


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