cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Catégorie : Roman (Page 1 sur 14)

Les Corps vulnérables – Jean-Louis Baudry

Marie voulait revoir Porquerolles. Nous avons pris le car pour Hyères. Jour de marché, rues encombrées, nous avons couru jusqu’à la gare maritime et sauté dans le bateau juste au moment où il se détachait du quai. L’île, en ces jours reculés de la saison, vidée de ses touristes, n’abritait plus que des autochtones et de rares vacanciers qui ressemblaient à des immigrés en attente de visa. Nous avons déposé nos sacs à l’hôtel, déjeuné frugalement et nous sommes partis explorer tout l’ouest de l’île, nous réservant l’autre moitié pour le lendemain. Le vent soufflait, la pluie menaçait. J’achetai le K-way bleu marine qui est toujours dans mon armoire. Le chemin nous conduisait jusqu’au rivage, presque à la pointe de l’île. Je retrouvais la végétation rabougrie, rêche et crispée, recroquevillée et acérée des autres îles, de même que les rochers, des schistes, ocre foncé, à la texture feuilletée. Un chien vint pacifiquement à notre rencontre ou, plutôt, nous l’avons vu surgir au détour d’un chemin. Il nous attendait patiemment, envoyé là tout exprès pour nous accompagner. Il nous jeta un long regard d’intelligence, parut satisfait mais point étonné par nos paroles. Il les acceptait avec calme et décence, sans s’abaisser par des remuements de queue intempestifs et des hochements de tête à des démonstrations de servilité canine. C’est ainsi que je me figurais, au retour d’Ulysse, l’accueil de son vieux chien. Il trottinait, nous précédant, ou nous laissait partir. Il s’arrêtait quand nous nous arrêtions. Certes, ce ne pouvait être qu’un dieu incarné dans l’apparence d’un chien. Le poil soyeux d’un blanc ivoire

Les lèvres – Nabokov

Le plus volumineux dictionnaire de la bibliothèque indiquait à l’article Lèvres : « Chacun des deux plis charnus entourant un orifice. »
L’aimable Emile (c’est ainsi qu’Ada appelait M. Littré) s’exprimait en ces termes : « Partie extérieure et charnue qui forme le contour de la bouche… les deux bords d’une plaie simple. » (C’est ainsi qu’avec nos plaies, nous parlons ; c’est que nous enfantons avec nos plaies!) « … C’est le membre qui lèche. » Ce cher Emile !
Une encyclopédie russe, petite mais épaisse ne voulait voir dans le mot gouba (lèvre) qu’un tribunal administratif de l’ancienne Liaska ou un golfe des régions arctiques.
Leurs lèvres étaient absurdement identiques, par la teinte et le tissu. La lèvre supérieure de Van ressemblait, pour la forme, à un oiseau de mer aux longues ailes qu’on voit venir de face. L’inférieure, pleine et maussade, communiquait à son expression ordinaire un semblant de brutalité. Rien de tel, certes, chez Ada ; à cela près, la ligne arquée de sa lèvre supérieure et l’épaisseur de la lèvre inférieure, avec sa moue dédaigneuse et son rose opaque, étaient une réplique, dans le mode féminin, de la bouche de Van. Pendant la « kissing phase » de leurs amourettes (quinze jours de longues embrassades humides et poisseuses point trop recommandables, au demeurant, pour leurs jeunes santés), un écran d’étrange pudibonderie parut s’interposer entre leurs corps altérés ; il était inévitable, cependant, que certains contacts et contre-contacts le traversassent comme les vibrations lointaines des signaux de détresse. Consciencieusement, inlassablement, délicatement, Van passait et repassait ses lèvres sur les lèvres d’Ada, rebroussant, taquinant leur velours brûlant, de haut en bas, de droite à gauche, en dedans, en dehors, à la vie à la mort, trouvant une saveur délectable dans le contraste entre la caresse ailée de l’idylle visible et la congestion brutale de la chair celée.
On pouvait imaginer d’autres baisers : « Je voudrais, lui dit-il un jour, goûter le dedans de ta bouche. Dieux, que j’aimerais être un Gulliver minuscule pour pouvoir explorer cette caverne.
– Je peux te prêter ma langue », proposa la fillette. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Une grosse fraise bouillie, encore toute chaude. Il la dégustait, il l’avalait aussi loin qu’elle se laissait avaler, puis, enlaçant étroitement Ada, il lui lappait le palais. Leurs mentons étaient tout trempés de salive. « Moumouche », prévint-elle – et sans plus de façons elle glissa la main dans la poche du pantalon de Van ; mais elle la retira aussitôt et pria son compagnon de lui passer lui-même son mouchoir. Sans commentaire.

Ada ou l’Ardeur

L’hiver du mécontentement – Thomas B. Reverdy

Dans les périodes de vaches maigres il avait même accepté des boulots de manutentionnaire, ceux-là il n’y avait qu’à se baisser pour les ramasser. Il était alors payé pour promener des palettes de caisses de bières sur le parking des livraisons à l’arrière d’un supermarché, ou pour transporter à la minipelle des tuyaux de tuyaux de huit pouces – douze centimètres – de section, en fonte, de l’allée C à l’allée F, dans un entrepôt géant des bords de la Tamise.
Il avait été veilleur de nuit dans un hôtel borgne.
Barman remplaçant dans une demi-douzaine de pubs.
Chez Harrod’s, il avait vendu successivement de la charcuterie, des chaussures pour dames et des matelas « Queen size ».
Le job pour la British Petroleum dont on vient de le licencier n’avait franchement pas été de pire des boulots (…)
Depuis son licenciement, Jones survit en jouant le jeudi, parfois le vendredi soir, dans une boîte de cocktails et de jazz, le Nightingale’s. La clientèle d’oiseaux de nuit qui hantent les lieux lui ressemble un peu. Certaines serveuses sont des amies. Le reste du temps, Jones est chez lui. Il joue. Il joue comme un fou, toute la journée et souvent une bonne partie de la nuit. Il compose, dit-il. Ça ne nourrit pas son homme.
Ses joues se creusent légèrement. Il a sous les yeux des cernes bleus. Il s’en fout.
L’orgueil est chez Jones un organe plus sensible que l’estomac.
Il a l’air encore jeune, en allant sur sa quarantaine, et cela lui permet encore d’avoir l’air de quelque chose. Un jeune, ce n’est jamais tout à fait au chômage. Pas encore – c’est un jeune. D’expédients en petits boulots, Jones gagne, depuis des années, plus de temps que d’argent.

Faire l’amour de façon satisfaisante – Sollers

Faire l’amour de façon satisfaisante permet d’accumuler du temps. On gagne une semaine d’avance, la maîtrise de soi s’accentue, la pensée vise mieux ses cibles, on reparle sa propre langue. Adieu, brume, brouillard, pluie, nuages venteux, mauvais rêves, voix hostiles. On sait ce qu’on veut, on le peut, les taxis roulent plus vite, les cèdres vous saluent, les rendez-vous sont expédiés, on s’exprime à vif, on abrège. Surtout, on compose mieux, allegro, adagio, presto (…)
Je rejoins mon bureau, la terrasse aux rosiers grimpants, le store vert, le silence. Tout le monde est en train de partir, bonsoir, bonsoir.

L’Éclaircie

bien des choses délicieuses – Oscar Wilde

J’ai dû faire une année de prison supplémentaire, mais l’humanité a habité cette prison en même temps que nous tous, et maintenant, quand je sortirai, je me rappellerai seulement les très grandes gentillesses que j’aurai reçues ici de presque tout le monde, et le jour de ma libération, je remercierai bien des gens et leur demanderai, en échange, de se souvenir de moi (…)
Je sais également que bien des choses délicieuses m’attendent au-dehors, depuis ce que saint François d’Assise appelle « mon frère le Vent » et ma soeur la Pluie », deux choses adorables, jusqu’aux vitrines et aux couchers de soleil des grandes villes.

De profundis

Spinoza par Pascal Quignard

Dans sa bibliothèque, il possédait cent soixante livres. Il taillait des verres pour les lunettes astronomiques et pour les tubes des microscopes. Sa dépense journalière était de quatre sous et demi. Son repas consistait en une soupe au lait accommodée au beurre et un pot de bière. Il achetait la valeur de dix demi-pintes de vin dans le mois. Dès l’aube il travaillait devant son établi. Sur chaque pièce qu’il détachait, en maniant son diamant, du disque de verre, un fragment de rayon de lumière venait jouer. (…) Il fumait la pipe une fois le jour et à cette heure-là, si un ami se présentait, il commençait volontiers une partie au jeu d’échecs (…)

Il écrivit « Seule une farouche superstition interdit de prendre des plaisirs. En quoi en effet convient-il mieux d’apaiser la faim et la soif que de chasser la mélancolie ? Telle est ma règle. Aucune divinité ne prend plaisir à mon impuissance et à ma peine. Au contraire, plus grande est la joie dont nous sommes affectés, plus grande est la perfection à laquelle nous passons. »

Pascal Quignard « Petits Traités »

Kewei était têtu – Paul Greveillac

Il y avait, acculés dans un angle de l’une des courettes de l’école, d’énormes brûloirs d’encens ouvragés qu’on avait déplacés là faute de savoir quoi en faire, qu’on fondrait bientôt, sans égard pour leur âge canonique, à l’occasion du Grand Bond en avant. Derrière ses mastodontes de fonte, après avoir répondu à l’appel, Kewei, désormais six ans et demi, courait se cacher en échappant à la vigilance des instituteurs qui avaient fort à faire. Toujours fluet et toujours vif, une fois les colonnes d’élèves en branle vers les salles de classe, il prenait appui sur une pierre et escaladait un pan de muret qu’il avait repéré, défoncé par endroits, offrant des prises idéales à ses pieds, à ses mains. Puis il sautait dans une venelle pavée, si étroite qu’un homme y passait à peine. Il se mettait à courir, se repérait sans mal dans le dédale des ruelles humides, et débouchait enfin dans la grande nature. Il avait toujours dans sa petite sacoche de toile, de quoi griffonner. Et il errait, au petit bonheur la chance, poussant plus ou moins loin ses excursions buissonnières. Il pleut beaucoup dans ce soin du Sichuan, et l’on retrouvait souvent Kewei dessinant à ‘abri de la corniche pointue d’une toiture.
En ce jour de printemps, il n’y avait pas un nuage dans le ciel. Kewei, furtif comme un chat, longea bientôt des petits lopins individuels où l’on s’affairait. Le long du chemin, les pruniers donnaient déjà des fruits. Il mordit à pleines dents dans la drupe un peu dure, sure. Il s’essuya les doigts sur sa salopette mais ils étaient toujours collants. Le chemin du vallon devin plus pentu (…) Lorsque la pluie surprit Kewei, il était en train d’uriner dans le Qingyi. Il cala sa sacoche de toile dans sa salopette pour en protéger le contenu, et entama de mauvais gré la descente vers le village. Le flot de la rivière, encouragé par la pluie, redoublait de vigueur. La pluie tombait drue, intarissable. Le sente devenait boueuse. Les roches glissantes. Sous le pie de Kewei, les appuis se firent incertains. Il glissa (…) Dans l’eau froide, il roula plusieurs fois sur lui-même, jusqu’à perdre la notion du dessus et du dessous.
Et puis il fut hissé à la surface.
Deux bras enserrèrent ses jambes tandis que son sauveur lui criait de s’agripper  à son cou (…) Kewei avait réussi à sauver ses crayons, son ardoise. Seul son bâton de craie avait fondu.

Maîtres et esclaves

L’envie

L’envie, cette grande absente, revient enfin me chercher. Par ricochet, s’impose, jolie, cette image de toi. Urli, d’abord une allure… un seigneur. Puis un regard, un bon regard, tout de suite curieux de vous. Je n’éprouve pas de nostalgie. Jamais. De la peine oui souvent. D’autorité, j’inscris ces quelques lignes. Je me tairai, mais après.

Là, j’ai envie. Demain, c’est ton anniversaire, scorpion magnifique, lumineux et gentil.

J’ai envie de te photographier, première chose qui me vienne à l’esprit. J’ai envie de te faire plaisir, de te plaire, de te séduire, de t’amuser. J’ai envie de te voir embrasser Laura, notre enfant. J’ai envie de te voir choisir avec un soin méticuleux les fleurs pour un bouquet que tu veux m’offrir. Nos chamailleries, moi j’aime les petits bouquets, toi les grandes brassées. M’acheter des fleurs toute seule reste encore un exercice difficile. J’ai envie que tu me caresses la joue « Tu vas bien ? ». J’ai envie de ton émotion quand tu contemples une statue de marbre, de plâtre,  de bronze (touche mon amour, tu peux). J’ai envie de te fatiguer « Je t’aime, mais qu’est-ce que je t’aime, ça me fatigue ! ». J’ai envie de lire près de toi dans notre lit. Tu me titillais. Je n’ai jamais pu aller au-delà de quatre pages. J’ai envie que tu m’embrasses dans le cou « Tu sens le soleil, la pastèque, l’été. Tu es ma vie ». J’ai envie d’entendre ta voix éclatante quand tu pénètres dans le salon où se trouvent nos livres pêle-mêle « Bonjour la pièce ! Bonjour tout le monde… Sollers, salut ! ». J’ai envie de ton regard. J’ai envie de regarder tes mains. J’ai envie de t’écouter rire et parler avec les amis. J’ai envie que se réalise ce rêve délicieux qui m’a réveillé l’autre matin. Nous étions assis sur un muret. Les jambes dans le vide. Tout était lumineux. Le ciel bleu. Il faisait chaud. Nous partagions des chocolats. Tu te penches vers moi « Qu’est-ce que tu as dans le tien ? Tu me le donnes ? ». C’est ça la vie avec toi, l’harmonie, même dans les rêves. Il y eut quelques disputes, de la vaisselle cassée, pour l’histoire. Mais aucune porte claquée. Je t’ai fait mal deux fois. Toi jamais.

Notre vie ensemble, presqu’un chiffre biblique. Pas de désert, une traversée de jardins,  des odeurs, de la saveur, du goût. Quand vous aimez quelqu’un, aimez-le passionnément et à tout instant, c’est le temps en personne qui vous aime  La phrase de Sollers est vraie. J’en atteste.

Le dernier vénitien – Gilles Hertzog

Au pas nonchalant des chevaux de trait qui halaient le coche d’eau depuis la berge, nous descendîmes le Brenta bordé sur tout son cours des plus riches villégiatures de Vénétie, croisâmes deux barques pavoisées pour une partie de plaisir sur la rivière au son des barcarolles, passâmes devant la villa Pisani à Stra puis la villa Contarini à Mira, où moi à ses côtés, le fresquiste incomparable qu’était mon père s’était tant illustré.
À Fusina, dernier poste sur la Terre ferme, je pris le traghetto pour Venise. L’air sur la Lagune était attiédi par la douce haleine du sirocco. Bientôt apparurent les campaniles dressés en oriflammes au-dessus de la Dominante. Flottant sur la plaine des eaux dans la demi-brume qu’exhalait la chaleur de ce dimanche de septembre, Venise venait vers moi. Elle m’avait attendu, ma patrie fidèle, ma Perle adriatique, la Vénus anadyomène. Je le regardais avec mes rêves.
Débarquant du traghetto, tandis qu’un saute-ruisseau portait un billet chez les miens à Santa Fosca pour avertir de mon arrivée, j’avisai une gondole de venir à couple et, mes malles et mes effets déposés dans le felze, la cabine de bord, nous partîmes pour Saint-Marc.
Parmi les édifices innombrables qui bordent à ce toucher cette plus belle rue du monde qu’est le Grand Canal, passant devant les Sclazi dont la voûte est ornée du Transport de la maison de la Vierge à Lorette puis le palais Labia et son Banquet de Cléopâtre, je me pris à guetter les palais et les sanctuaires abritant une oeuvre de mon père, à mesure que la gondole se frayait un chemin au milieu des embarcations de toutes sortes, péottes, caorlines, taranes, lents chalands de labeur, topi et sampierote avec leur voile au tiers (…)
À mesure que je croisais chacun de ces conservatoires du génie paternel, jaillissaient sous mes yeux le tableau, le retable, la fresque abrités derrière ces augustes façades. Tant d’oeuvres d’un même virtuose se faisant cortège au long du Grand Canal (…)
Sans jamais qu’il l’eût représentée, Venise avait trouvé en Tiepolo, comme le divin Titien jadis, son reflet le plus pur.

L’accord parfait avec soi-même – Philip Roth

Et puis un jour ce fut trop tard. Telle une innocente de conte de fées à qui l’on aurait fait boire par ruse la potion toxique, un beau jour la petite sauterelle en justaucorps noir qui escaladait allègrement le mobilier et les genoux des adultes qui venaient de s’asseoir, poussa, s’étoffa, forcit – son cou et son dos s’élargirent ; elle cessa de se laver les dents et de se brosser les cheveux ; elle qui ne mangeait presque plus rien de ce qu’on lui servait chez elle se mit à dévorer en permanence, à l’école ou à l’extérieur, des cheeseburgers frites, des pizzas, des sandwiches bacon-laitue-tomate, des beignets d’oignon, des milk-shakes à la vanille, de la root beer, des glaces au caramel et des gâteaux en tout genre, si bien que, du jour au lendemain ou presque, elle prit de l’ampleur et se retrouva dans la peau d’une gigasse de seize ans, gauche et négligée, costaude, qui flirtait avec le mètre quatre-vingt et que ses camarades surnommaient Hô Chi Levov.
Alors elle convertit son handicap en machette à tronçonner les salauds de menteurs (…) À présent elle passait sa vie au téléphone, elle qui avait dû naguère mettre au point une stratégie pour pouvoir articuler « allô » en moins de trente secondes si elle décrochait. Elle l’avait bel et bien surmontée, l’angoisse du bégaiement, mais pas comme ses parents et son orthophoniste l’auraient souhaité. Non, elle avait conclu que ce qui lui empoisonnait l’existence, ce n’était pas son bégaiement, mais l’effort futile, l’effort dément qu’elle faisait pour en venir à bout (…) Si elle voulait se libérer, il n’y avait pas trente-six solutions (…) Oui, ce gouffre qui s’ouvrait sous les pieds de son entourage quand elle se mettait à bégayer, elle se libéra en l’ignorant purement et simplement ; son bégaiement ne serait plus le centre de son existence (…) elle laissa tomber ses manières imbéciles, ses préoccupations mondaines dérisoires, les valeurs « bourgeoises » de sa famille. Elle avait perdu assez de temps pour la cause de son nombril. « Je vais pas passer ma vie à lutter nuit et jour contre ce fffoutu bbbégaiement pendant qu’il y a des gosses bbbrûlés vifs par cet incendiaire sanguinaire de Lyndon Bbbaines Johnson. »
À présent toute son énergie refaisait surface sans entraves, toute sa force de résistance qui avait dû passer  ailleurs ; et en cessant de s’empoisonner l’existence avec ce frein, elle connut non seulement la pleine liberté pour la première fois de sa vie, mais aussi l’exaltant sentiment de puissance que donne l’accord parfait avec soi-même.

Pastorale américaine

Page 1 sur 14

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén