cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Catégorie : Roman (Page 2 sur 14)

Plus haut que la mer – Francesca Melandri

La peur de mourir était bien là, et pourtant en entrant dans le ventre de l’hélicoptère ils avaient tous levé les yeux vers le ciel. Il était noir de nouvelle lune. On avait veillé à ça aussi en montant l’opération : qu’une mer claire ne révèle pas d’en haut les contours de la côte. Mais les agents secrets de l’impérialisme et du capitalisme n’avaient pas réussi à éteindre les étoiles qui étaient donc là, palpitantes et précises. Certains d’entre eux ne les avaient pas vues depuis des mois, d’autres depuis des années. Qui sait s’ils les reverraient un jour.
Ils avaient décollé depuis un moment lorsqu’un soldat en tenue de camouflage s’adressa à eux l’air jovial : « Maintenant on va ouvrir la trappe et on va vous apprendre à voler ». Comme s’il voulait donner raison à tous ceux qui disaient ces années-là : désormais l’Italie c’est l’Amérique du Sud. Et puis ils ne jetèrent personne.
À l’arrivée, sur les quelques mètres qui séparaient l’hélicoptère du bâtiment blanc de la prison de haute sécurité, ils les rouèrent de coups de pied et de coups de bâton pour ne pas leur laisser le temps de comprendre où ils avaient débarqué. Mais là-dessus aussi ils avaient déjà leur petite idée. Depuis des semaines, le téléphone arabe carcéral signalait des va-et-vient d’ouvriers dans ce bâtiment bas au bout de l’île, loin des petites prisons des détenus ordinaires, des bureaux de l’administration, de l’embarcadère, du village où vivaient les gardiens, de l’école et de l’église, et même du phare à l’écart sur son rocher – bref, loin de Dieu, des hommes et de tout (…)
Ils les entassèrent dans une grande salle. Au début, ils n’eurent aucune nourriture, rien qu’un peu d’eau. Le troisième jour, ils avaient tous mal au ventre, les membres affaiblis, la tête lourde, mais ils comprenaient qu’être encore vivants après trois nuits passées là était une bonne chose. Une chose sur laquelle ils n’auraient jamais parié avant leur transfèrement, ou plutôt leur « traduction ». Le quatrième jour, on leur donna à manger. Certains, très enviés, purent de nouveau aller à la selle. La puanteur leur coupa la respiration, mais ils se consolèrent en pensant que les relents frappaient aussi les gardiens quand ils les surveillaient par l’unique oeilleton. Au bout d’une semaine, on les emmena prendre une douche. L’eau était froide et coulait par à-coups, mais elle provoqua en eux une joie totale. On distribua des numéros, des uniformes, des cellules. La vie quotidienne commença dans la nouvelle prison à régime spécial. Bref, tout se passa plus ou moins comme ils s’y attendaient.
Mais l’air parfumé, non. Même le plus clairvoyant des chefs de commando, le plus expert des condamnés à perpétuité ne l’avaient pas prévu. Tandis qu’ils débarquaient des Chinook* au milieu des hurlements et des coups de pied, l’île les saisit de plein fouet par son arôme. Les coeurs sautèrent un battement, comme au souvenir d’un grand amour perdu. Les corps appauvris par la prison se remplirent de désir. Bon nombre d’entre eux restèrent immobiles près de l’hélicoptère, à se prendre des coups de poing et des coups de bâton, du moment qu’ils respiraient l’île encore et encore.
Elle sentait le sel de mer, le figuier, l’hélichryse.

Plus haut que la mer

Chinook : hélicoptère

Bénédiction de l’aube – Houellebecq

On se réveillait tôt, rappelle-toi ma douce ;
La mer était très haute et moussait sous la lune
On partait tous les deux, on s’échappait en douce
Pour voir le petit jour qui flottait sur les dunes.

Le matin se levait comme un arbre qui pousse,
Dans la ville endormie nous croisions des pêcheurs
Nous traversions des rues sereines de blancheur ;

Bénédiction de l’aube, joie simple offerte à tous,
Nos membres engourdis frissonnaient de bonheur
Et je posais ma main à plat contre ton coeur.

et si on s’faisait un petit roman policier aujourd’hui ? – Hannelore Cayre

Mon père était le PDG d’une entreprise de transport routier, la Mondiale, dont la devise était Partout, pour tout. « PDG », un mot qui ne s’emploie plus aujourd’hui pour désigner un métier comme dans Il fait quoi ton papa ? – Il est PDG…, mais dans les années 70 ça se disait. Ça allait avec le canard à l’orange, les cols roulés en nylon jaune sur les jupes-culottes et les protège-téléphones fixes en tissu galonné.
Il avait fait fortune en envoyant ses camions vers les pays dits de merde dont le nom se termine par -an comme le Pakistan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan, l’Iran, etc… Pour postuler à la Mondiale, il fallait sortir de prison car, d’après mon père, seul un type qui avait été incarcéré au minimum quinze ans pouvait accepter de rester enfermé dans la cabine de son camion sur des milliers et des milliers de kilomètres et défendre son chargement comme s’il s’agissait de sa vie.
Je me vois encore comme si c’était hier en petite robe de velours bleu  marine avec mes chaussures vernies Froment-Leroyer, à l’occasion de l’arbre de Noël, entourée de types balafrés tenant dans leurs grosses mains d’étrangleurs de jolis petits paquets colorés. Le personnel de la Mondiale était à l’avenant. Il se composait exclusivement de compatriotes pieds-noirs de mon père, des hommes aussi malhonnêtes que laids. Seule Jacqueline, sa secrétaire personnelle, venait rehausser le tableau. Avec son gros chignon crêpé dans lequel elle piquait avec coquetterie un diadème, cette fille d’un condamné à mort sous l’Épuration avait un air classieux qui lui venait de sa jeunesse à Vichy.
Cette joyeuse équipe infréquentable sur laquelle mon père exerçait un paternalisme romanesque lui permettait en toute opacité d’acheminer des cargaisons dites additionnelles à ses convois. C’est ainsi que le transport de morphine-base avec ses amis corses-pieds-noirs puis d’armes et de munitions avait fait la fortune de la Mondiale et de ses employés royalement payés jusqu’au début des années 80. Pakistan, Iran, Afghanistan, je n’ai pas honte de le dire, mon papa-à-moi a été le Marco Polo des Trente Glorieuses en rouvrant les voies commerciales entre l’Europe et le Moyen-Orient.

La daronne

Je crois au dieu de Bach – Sollers

Je crois au dieu de Bach dans ses variations, ses suites, ses fugues, ses toccatas ; à celui de Haydn dans ses sonates (je vois leurs quatre mains jouer). Je crois au dieu de La femme en blanc ou du Rêve , au dieu du Bar,  à celui de Méry Laurent. « Vous croyez en Dieu ? » demande X ou Y. Question absurde et obscène, à laquelle la meilleure non-réponse est « Bof ». « Vous êtes croyant ? » Oui, quand j’écris, quand j’écoute les Suites françaises, quand je vois Guernica, quand j’entends Così fan tutte, quand je regarde vraiment ce cèdre, cette brise côtière, cette rose, ce toit, quand j’attends Lucie, rue du Bac, quand je mets la clé dans la serrure, quand l’énorme tranquillité m’avertit qu’elle va être là.

L’éclaircie

Un portrait sans esbroufe

Nouvel ordi.
Et ce plaisir de retrouver de vieux textes. Toute ma tendresse pour celui-ci

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   Je veux un portrait sans esbroufe. Qu’il soit comme ces pièces pas trop encombrées où j’aime me retrouver les après-midi d’été, persiennes ajourées, entrebâillées un brin, fenêtres ouvertes largement – pas d’enfermement – rais de lumière, pénombre magnifique. Sicilienne. Une musique quelque part. Qu’ajouter ? Tu veux des fleurs ? Un rien de vent ? Une rumeur extérieure ? Plus de pénombre ? Garde ton mystère mon Clem, parce que tu es toi.
Irrésistible avec ces traces d’encre noire de tes journaux au bout des doigts. Irrésistible avec ta casquette de base-ball bleu océan des Boston Red Sox. Irrésistible au réveil, ce sourire délicieux, cette allure d’ado. Un fou de blues, Totalement désintéressé, pour le coup Money Money toi l’américain, tu t’en balances, Un menteur à la ramasse, il faut quand même te le dire, Vrai, complètement dingue, attachant comme pas un, qu’une caresse sur la joue faisait chavirer, un homme au rire éclatant, à la chaleur bonne à recevoir. Un père à jamais. Des mains, puissantes, toujours en action, tu fous le bordel en un temps record. Irrésistibles tes petits mots que je retrouve encore dans des endroits improbables Tu es ma MégaBelle, MégaWatts, MultInfinimentMégaAimée de ton MiniMec. Irrésistibles, ton intelligence ta gentillesse ton charme. Des contradictions ? – A la pelle. Tu devais m’apprendre à faire des créneaux dans les congères de Boston, m’emmener voir les neiges de Rimbaud.

Tu n’es que lumières et couleurs ; certaines m’ont fait mal, toutes les autres j’en redemande, elles m’allaient comme un gant. Lucide sur ta santé : l’inéluctable. La mémoire fait des siennes, la concentration des tours, tu es moins rigoureux, moins vigoureux, moins vif… En retard. Dieu merci, au milieu de ces fracas l’audace est restée, l’indifférence a passé son chemin. Encore bienveillantes l’attention la curiosité, et ce foutu talent de journaliste, intact. Tu as été viré du Boston Globe, pas pour l’alcool, tu leur coûtais une blinde. Place aux pigistes sous-payés. Ça t’a laminé. Alors, plutôt que de crever de culpabilité et d’alcool, tu viens à Paris où se trouve ton meilleur ami. Ta sœur y vit. Ton père ta mère aussi. Ils ont cet appartement avec au-dessus le studio où tu t’endors. Nuits muettes, interminables. Tu clopes. Trop. Tu pries. Le journalisme fout le camp Clem, ici aussi, ils sont tous virés. Tu ne te laisses pas abattre, et donnes une conférence à Paris Dauphine devant des étudiants bien trop timorés à ton goût. Tu reprends contact avec les anciens de l’AFP. Tu cherches. Avant l’anéantissement annoncé tu veux le sublime. Tu veux l’étincelle.

Nous ne pouvions rien prédire, rien contrôler, rien préparer.

Deux mondes :
Toi, la High Society, Kennedy au mariage de tes parents, une mère fantasque, philosophe, un père éditeur, un vrai gentleman, une sœur à qui tu tiens comme à la prunelle de tes yeux. Une flopée d’oncles tantes cousins cousines neveux et nièces. Vacances à Hyannis Port. Une demeure à Fishers Island. Columbia, la maîtrise. Un mariage. Quatre enfants. Le centre d’une vie. Viennent les mésententes. L’amour fout le camp. L’enfer s’installe. On ne bouge pas. Les conventions. L’engagement.
– Moi, la banlieue, le 9-3.
Trois femmes pour une enfant rêveuse et solitaire : une grand-mère, paysanne émigrée d’Emilie, blouse noire, puits de tendresse, une mère absente longtemps, géniale dans son genre, une tante, une taiseuse. Chance, elles aimaient les livres. J’ai pioché. En cadeau me furent donné : la joie de vivre, le goût du bonheur. Intuition ? Ange protecteur ? Tout fut facile, évident, joyeux. L’amour, le travail, la réussite.

Oui, il y eut la mort, il y eut l’abîme.
Oui, j’ai dit oui quand j’ai vu ton visage.

Avec le corps qu’elle a – Christine Orban

À onze ans, mon monde se bornait au seuil de ma maison. Je n’imaginais pas que les parents pouvaient mourir, les toits s’envoler et que l’on pouvait se retrouver perdue, avec une maman comme une enfant, incapable d’affronter la réalité. Mais elle était ma mère, pas ma petite soeur. Elle représentait une autorité, je l’écoutais.
La peur d’une mère est contagieuse. Elle m’a refilé ses miasmes d’anxiété, sa terreur des hommes, des autres, son manque d’assurance, comme la grippe. On n’en meurt pas forcément, mais on respire mal, toujours un peu souffreteuse. Contaminée, je l’étais à fond. Une fois installée dans la famille, la peur se transmet de mère en fille (…) Cette inoculation, est-ce la destinée ? Comment trier, laisser de côté les fragilités des parents, leurs frayeurs, leurs humeurs, et ne garder que leur force, leur originalité, leur générosité, leur envie de vivre et de partager ?
L’attitude de BP* m’a convaincue d’une chose : dans ce monde, mieux valait ne pas avoir l’air d’une personne heureuse pour ne susciter ni l’envie ni la jalousie.
Cela m’apprendra à faire semblant. Rien ne serait arrivé si je n’avais prêté à confusion :
Air mutin
Joli sourire
Joli corps
Bikini et balconnets
Synonyme de joyeuse légèreté
Milieu envié
Petit ami, voire plusieurs
Belle maison – peu importe s’il s’agissait de celle de BP, je posais ma serviette sur sa crique, je lisais sous son arbre.
Un manuscrit accepté par un éditeur.
L’addition était simple, le résultat aussi : malentendu, grosse colère d’un côté, sidération de l’autre (…) Les livres de Beauvoir auraient dû m’encourager à m’affirmer. Comment ai-je pu me soumettre sans un mot, sans réagir ? Une part de moi a consenti (…) J’étais en détresse. Coupable, forcément coupable. Mais de quoi exactement ? (…) Faute d’avoir le cran de dire non, d’oser me révolter, j’aurais au moins pu essayer d’être heureuse en douce, après tout (…) Mais je n’y parvenais pas. J’avais besoin de l’assentiment des autres, prisonnière de leur regard.

Avec le corps qu’elle a…

*BP  : son beau-père

Kind of Blue – Arturo Pérez-Reverte

… affalé sur le lit de sa chambre de la pension La Marítima, Coy contemplait une tache d’humidité au plafond. Kind of Blue. Dans les écouteurs de son walkman, après So What, la contrebasse s’était éclipsée en douceur, la trompette de Miles Davis venait d’entrer avec son solo historique de deux notes – la seconde une octave au-dessous de la première – et Coy guettait, suspendu dans cet espace vide, la décharge libératrice, le coup de batterie unique, la vibration de la cymbale et les roulement ouvrant le chemin lent, inévitable, inquiétant, au métal de la trompette.
Il se considérait comme un quasi-analphabète en matière de musique, mais il aimait le jazz : son insolence et son génie. Il l’avait découvert au cours des longues veilles sur le pont, quand il naviguait comme deuxième lieutenant à bord du Fedallah : un cargo fruitier de la Zoeline dont le second, un Galicien du nom de Neira, possédait les cinq cassettes de la Smithsonian Collection de jazz classique. De Scott Joplin à Bix Beiderbecke à Thelonious Monk et Ornette Coleman, en passant par Louis Armstrong, Duke Ellington, Art Tatum, Billie Holiday, Charlie Parker et les autres : des heures et des heures de jazz, la nuit, sous les étoiles, une moque de café dans les mains en regardant la mer, accoudé à la lisse de pavois.

Le cimetière des bateaux sans nom

L’érotisme de Rilke

Voici que je progresse en toi degré par degré
et ma semence monte joyeuse comme un enfant.
Montagne originelle du plaisir : soudain
haletante elle jaillit vers la crête au fond de toi.
Oh abandonne-toi, et ressens son approche :
Au plus haut elle te fera signe, et tu chavireras.

(Munich, autour du 1er novembre 1915)

Keith Jarrett – Isabelle Carré

j’irai voir Jarret en concert, accompagné de Gary Peacock et Jack DeJohnette, et je découvrirai en images comment se produisent ces sons.
Après avoir ajusté plusieurs fois son tabouret, s’être essuyé les mains à une serviette blanche, il s’assoit, attend qu’un silence absolu se fasse, et commence à jouer, dos au public. Très vite entraîné par sa propre musique, il se lève et joue debout. Les hanches collées au piano,il crie son plaisir, exactement comme dans le disque du Concert à Cologne, on dirait qu’il lui fait l’amour. Il est concentré, entièrement rassemblé à l’intérieur de lui-même, résolument tourné vers le fond du plateau. Cherche-t-il à se dérober aux yeux du public, avec une pudeur maladive, plutôt paradoxale pour un homme qui exerce son métier sur scène, ou nous présente-t-il son dos pour ne pas nous voir, nous ? Ne veut-il pas prendre le risque d’être dérangé par notre présence ? Pourtant, comme Glenn Gould, avec ses gémissements, et tous les souffles qui se mêlent inextricablement à la musique, il nous livre son plaisir, la part la plus intime de lui-même.
Il écoute résonner les dernières notes, longtemps, puis, lorsque tout est fini, qu’il est sûr d’avoir laissé la musique se fondre jusqu’au bout, qu’aucune réverbération n’a été perdue, dans la seconde suivante il s’échappe. Le concert est terminé, il se redresse et entérine la fin du spectacle en s’essuyant une dernière fois les mains sur sa serviette, il n’est pas encore sorti de scène qu’il nous a déjà quittés, il est ailleurs, ne reviendra plus, pas de bis, pas de prolongation intempestive, les saluts ne le concernent plus. Il nous laisse son absence, et le souvenir de sa jouissance.

Les rêveurs

Prends garde ma Princesse ! – Freud, via Sollers

« Prends garde ma Princesse ! Quand je viendrai, je t’embrasserai à t’en rendre toute rouge. Et si tu te montres indocile, tu verras bien qui, de nous deux, est le plus fort : la douce petite fille qui ne mange pas suffisamment ou le grand monsieur fougueux qui a de la cocaïne dans le corps. Lors de ma dernière grave crise de dépression, j’ai repris de la coke, et une faible dose m’a magnifiquement remonté » (…)

Un autre fervent de la cocaïne n’est autre que Conan Doyle, qui fait parler ainsi Sherlock Holmes au bon docteur Watson, lequel s’inquiète de le voir s’en injecter trois fois par jour : « Peut-être cette drogue a-t-elle un effet néfaste sur mon corps.Mais je la trouve stimulante pour la clarification de mon esprit, que les effets secondaires me paraissent d’une importance négligeable. Mon esprit refuse la stagnation. Donnez-moi des problèmes, du travail ! (…)

Vous avez oublié un nom propre ? Freud vous dira pourquoi. Vous vous trompez de mot, vous ressentez une inquiétante familiarité, vous avez telle ou telle phobie ? Sherlock Freud débrouillera ce mystère. J’ai bien connu son successeur, Sherlock Lacan. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. C’était un fou de grande envergure, qui disait de lui-même qu’il en était resté à l’âge de 5 ans. Lui aussi, grand détective. Le plus remarquable, dans les deux cas, l’un extrêmement pudique, l’autre plutôt exhibitionniste, était la présence d’une raison inflexible. Un juif athée, un catholique baroque, deux aventuriers de la vérité vraie.

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