cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Catégorie : Roman (Page 2 sur 13)

Un portrait sans esbroufe

Nouvel ordi.
Et ce plaisir de retrouver de vieux textes. Toute ma tendresse pour celui-ci

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   Je veux un portrait sans esbroufe. Qu’il soit comme ces pièces pas trop encombrées où j’aime me retrouver les après-midi d’été, persiennes ajourées, entrebâillées un brin, fenêtres ouvertes largement – pas d’enfermement – rais de lumière, pénombre magnifique. Sicilienne. Une musique quelque part. Qu’ajouter ? Tu veux des fleurs ? Un rien de vent ? Une rumeur extérieure ? Plus de pénombre ? Garde ton mystère mon Clem, parce que tu es toi.
Irrésistible avec ces traces d’encre noire de tes journaux au bout des doigts. Irrésistible avec ta casquette de base-ball bleu océan des Boston Red Sox. Irrésistible au réveil, ce sourire délicieux, cette allure d’ado. Un fou de blues, Totalement désintéressé, pour le coup Money Money toi l’américain, tu t’en balances, Un menteur à la ramasse, il faut quand même te le dire, Vrai, complètement dingue, attachant comme pas un, qu’une caresse sur la joue faisait chavirer, un homme au rire éclatant, à la chaleur bonne à recevoir. Un père à jamais. Des mains, puissantes, toujours en action, tu fous le bordel en un temps record. Irrésistibles tes petits mots que je retrouve encore dans des endroits improbables Tu es ma MégaBelle, MégaWatts, MultInfinimentMégaAimée de ton MiniMec. Irrésistibles, ton intelligence ta gentillesse ton charme. Des contradictions ? – A la pelle. Tu devais m’apprendre à faire des créneaux dans les congères de Boston, m’emmener voir les neiges de Rimbaud.

Tu n’es que lumières et couleurs ; certaines m’ont fait mal, toutes les autres j’en redemande, elles m’allaient comme un gant. Lucide sur ta santé : l’inéluctable. La mémoire fait des siennes, la concentration des tours, tu es moins rigoureux, moins vigoureux, moins vif… En retard. Dieu merci, au milieu de ces fracas l’audace est restée, l’indifférence a passé son chemin. Encore bienveillantes l’attention la curiosité, et ce foutu talent de journaliste, intact. Tu as été viré du Boston Globe, pas pour l’alcool, tu leur coûtais une blinde. Place aux pigistes sous-payés. Ça t’a laminé. Alors, plutôt que de crever de culpabilité et d’alcool, tu viens à Paris où se trouve ton meilleur ami. Ta sœur y vit. Ton père ta mère aussi. Ils ont cet appartement avec au-dessus le studio où tu t’endors. Nuits muettes, interminables. Tu clopes. Trop. Tu pries. Le journalisme fout le camp Clem, ici aussi, ils sont tous virés. Tu ne te laisses pas abattre, et donnes une conférence à Paris Dauphine devant des étudiants bien trop timorés à ton goût. Tu reprends contact avec les anciens de l’AFP. Tu cherches. Avant l’anéantissement annoncé tu veux le sublime. Tu veux l’étincelle.

Nous ne pouvions rien prédire, rien contrôler, rien préparer.

Deux mondes :
Toi, la High Society, Kennedy au mariage de tes parents, une mère fantasque, philosophe, un père éditeur, un vrai gentleman, une sœur à qui tu tiens comme à la prunelle de tes yeux. Une flopée d’oncles tantes cousins cousines neveux et nièces. Vacances à Hyannis Port. Une demeure à Fishers Island. Columbia, la maîtrise. Un mariage. Quatre enfants. Le centre d’une vie. Viennent les mésententes. L’amour fout le camp. L’enfer s’installe. On ne bouge pas. Les conventions. L’engagement.
– Moi, la banlieue, le 9-3.
Trois femmes pour une enfant rêveuse et solitaire : une grand-mère, paysanne émigrée d’Emilie, blouse noire, puits de tendresse, une mère absente longtemps, géniale dans son genre, une tante, une taiseuse. Chance, elles aimaient les livres. J’ai pioché. En cadeau me furent donné : la joie de vivre, le goût du bonheur. Intuition ? Ange protecteur ? Tout fut facile, évident, joyeux. L’amour, le travail, la réussite.

Oui, il y eut la mort, il y eut l’abîme.
Oui, j’ai dit oui quand j’ai vu ton visage.

Avec le corps qu’elle a – Christine Orban

À onze ans, mon monde se bornait au seuil de ma maison. Je n’imaginais pas que les parents pouvaient mourir, les toits s’envoler et que l’on pouvait se retrouver perdue, avec une maman comme une enfant, incapable d’affronter la réalité. Mais elle était ma mère, pas ma petite soeur. Elle représentait une autorité, je l’écoutais.
La peur d’une mère est contagieuse. Elle m’a refilé ses miasmes d’anxiété, sa terreur des hommes, des autres, son manque d’assurance, comme la grippe. On n’en meurt pas forcément, mais on respire mal, toujours un peu souffreteuse. Contaminée, je l’étais à fond. Une fois installée dans la famille, la peur se transmet de mère en fille (…) Cette inoculation, est-ce la destinée ? Comment trier, laisser de côté les fragilités des parents, leurs frayeurs, leurs humeurs, et ne garder que leur force, leur originalité, leur générosité, leur envie de vivre et de partager ?
L’attitude de BP* m’a convaincue d’une chose : dans ce monde, mieux valait ne pas avoir l’air d’une personne heureuse pour ne susciter ni l’envie ni la jalousie.
Cela m’apprendra à faire semblant. Rien ne serait arrivé si je n’avais prêté à confusion :
Air mutin
Joli sourire
Joli corps
Bikini et balconnets
Synonyme de joyeuse légèreté
Milieu envié
Petit ami, voire plusieurs
Belle maison – peu importe s’il s’agissait de celle de BP, je posais ma serviette sur sa crique, je lisais sous son arbre.
Un manuscrit accepté par un éditeur.
L’addition était simple, le résultat aussi : malentendu, grosse colère d’un côté, sidération de l’autre (…) Les livres de Beauvoir auraient dû m’encourager à m’affirmer. Comment ai-je pu me soumettre sans un mot, sans réagir ? Une part de moi a consenti (…) J’étais en détresse. Coupable, forcément coupable. Mais de quoi exactement ? (…) Faute d’avoir le cran de dire non, d’oser me révolter, j’aurais au moins pu essayer d’être heureuse en douce, après tout (…) Mais je n’y parvenais pas. J’avais besoin de l’assentiment des autres, prisonnière de leur regard.

Avec le corps qu’elle a…

*BP  : son beau-père

Kind of Blue – Arturo Pérez-Reverte

… affalé sur le lit de sa chambre de la pension La Marítima, Coy contemplait une tache d’humidité au plafond. Kind of Blue. Dans les écouteurs de son walkman, après So What, la contrebasse s’était éclipsée en douceur, la trompette de Miles Davis venait d’entrer avec son solo historique de deux notes – la seconde une octave au-dessous de la première – et Coy guettait, suspendu dans cet espace vide, la décharge libératrice, le coup de batterie unique, la vibration de la cymbale et les roulement ouvrant le chemin lent, inévitable, inquiétant, au métal de la trompette.
Il se considérait comme un quasi-analphabète en matière de musique, mais il aimait le jazz : son insolence et son génie. Il l’avait découvert au cours des longues veilles sur le pont, quand il naviguait comme deuxième lieutenant à bord du Fedallah : un cargo fruitier de la Zoeline dont le second, un Galicien du nom de Neira, possédait les cinq cassettes de la Smithsonian Collection de jazz classique. De Scott Joplin à Bix Beiderbecke à Thelonious Monk et Ornette Coleman, en passant par Louis Armstrong, Duke Ellington, Art Tatum, Billie Holiday, Charlie Parker et les autres : des heures et des heures de jazz, la nuit, sous les étoiles, une moque de café dans les mains en regardant la mer, accoudé à la lisse de pavois.

Le cimetière des bateaux sans nom

L’érotisme de Rilke

Voici que je progresse en toi degré par degré
et ma semence monte joyeuse comme un enfant.
Montagne originelle du plaisir : soudain
haletante elle jaillit vers la crête au fond de toi.
Oh abandonne-toi, et ressens son approche :
Au plus haut elle te fera signe, et tu chavireras.

(Munich, autour du 1er novembre 1915)

Keith Jarrett – Isabelle Carré

j’irai voir Jarret en concert, accompagné de Gary Peacock et Jack DeJohnette, et je découvrirai en images comment se produisent ces sons.
Après avoir ajusté plusieurs fois son tabouret, s’être essuyé les mains à une serviette blanche, il s’assoit, attend qu’un silence absolu se fasse, et commence à jouer, dos au public. Très vite entraîné par sa propre musique, il se lève et joue debout. Les hanches collées au piano,il crie son plaisir, exactement comme dans le disque du Concert à Cologne, on dirait qu’il lui fait l’amour. Il est concentré, entièrement rassemblé à l’intérieur de lui-même, résolument tourné vers le fond du plateau. Cherche-t-il à se dérober aux yeux du public, avec une pudeur maladive, plutôt paradoxale pour un homme qui exerce son métier sur scène, ou nous présente-t-il son dos pour ne pas nous voir, nous ? Ne veut-il pas prendre le risque d’être dérangé par notre présence ? Pourtant, comme Glenn Gould, avec ses gémissements, et tous les souffles qui se mêlent inextricablement à la musique, il nous livre son plaisir, la part la plus intime de lui-même.
Il écoute résonner les dernières notes, longtemps, puis, lorsque tout est fini, qu’il est sûr d’avoir laissé la musique se fondre jusqu’au bout, qu’aucune réverbération n’a été perdue, dans la seconde suivante il s’échappe. Le concert est terminé, il se redresse et entérine la fin du spectacle en s’essuyant une dernière fois les mains sur sa serviette, il n’est pas encore sorti de scène qu’il nous a déjà quittés, il est ailleurs, ne reviendra plus, pas de bis, pas de prolongation intempestive, les saluts ne le concernent plus. Il nous laisse son absence, et le souvenir de sa jouissance.

Les rêveurs

Prends garde ma Princesse ! – Freud, via Sollers

« Prends garde ma Princesse ! Quand je viendrai, je t’embrasserai à t’en rendre toute rouge. Et si tu te montres indocile, tu verras bien qui, de nous deux, est le plus fort : la douce petite fille qui ne mange pas suffisamment ou le grand monsieur fougueux qui a de la cocaïne dans le corps. Lors de ma dernière grave crise de dépression, j’ai repris de la coke, et une faible dose m’a magnifiquement remonté » (…)

Un autre fervent de la cocaïne n’est autre que Conan Doyle, qui fait parler ainsi Sherlock Holmes au bon docteur Watson, lequel s’inquiète de le voir s’en injecter trois fois par jour : « Peut-être cette drogue a-t-elle un effet néfaste sur mon corps.Mais je la trouve stimulante pour la clarification de mon esprit, que les effets secondaires me paraissent d’une importance négligeable. Mon esprit refuse la stagnation. Donnez-moi des problèmes, du travail ! (…)

Vous avez oublié un nom propre ? Freud vous dira pourquoi. Vous vous trompez de mot, vous ressentez une inquiétante familiarité, vous avez telle ou telle phobie ? Sherlock Freud débrouillera ce mystère. J’ai bien connu son successeur, Sherlock Lacan. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. C’était un fou de grande envergure, qui disait de lui-même qu’il en était resté à l’âge de 5 ans. Lui aussi, grand détective. Le plus remarquable, dans les deux cas, l’un extrêmement pudique, l’autre plutôt exhibitionniste, était la présence d’une raison inflexible. Un juif athée, un catholique baroque, deux aventuriers de la vérité vraie.

Centre

L’humanité – Glenn Gould

Si je devais passer le reste de mes jours sur une île déserte, condamné à n’écouter et ne jouer qu’un seul compositeur, je choisirais Bach sans hésiter. J’ai beau chercher, aucune musique ne me semble aussi accomplie, aucune musique ne me touche aussi profondément et dans sa totalité. Au-delà de son brio éblouissant, elle possède une inestimable qualité que je ne peux définir autrement que par un grand mot un peu vague : l’humanité.

(Lettre 1967)

vous l’aviez presque oubliée – Michel Butor

Plus d’un mois après votre rencontre dans le train, comme vous l’aviez presque oubliée, au soir d’une journée de septembre ou d’octobre encore très chaude, où le soleil avait été superbe, vous aviez dîné seul dans un restaurant du Corso avec un vin des plus médiocres malgré son prix exorbitant, après avoir dû régler un certain nombre de questions plutôt épineuses chez Scabelli, vous étiez allé pour vous détendre voir vous ne savez plus quel film français dans le cinéma qui est au coin de la via Merulana en face de l’auditorium de Mécène, et devant le guichet vous l’avez rencontrée qui vous a dit bonjour avec simplicité, avec qui vous êtes monté, si bien que l’ouvreuse, comprenant que vous étiez ensemble, vous a donné deux fauteuils contigus.
Quelques minutes après le début du spectacle, le plafond s’est ouvert lentement, et c’est cela que vous considériez, non point l’écran, cette bande bleue du ciel nocturne s’élargissant pleine d’étoiles au milieu desquelles un avion passait avec ses feux de position rouge et vert tandis que de légers souffles d’air descendaient dans cette caverne.
À la sortie, vous l’avez priée d’accepter un rafraîchissement, et dans le taxi qui vous amenait à la via Veneto, par Sainte-Marie Majeure et la rue des Quatre-Fontaines, vous lui avez dit votre nom, votre adresse parisienne et celle où l’on pouvait vous joindre à Rome ; puis, sous l’excitation merveilleuse de la claire foule élégante, vous lui avez demandé de venir déjeuner avec vous le lendemain au restaurant Tre Scalini.

Chaque adultère est une sonate merveilleuse – Pascal Quignard

La musique évoque l’adultère. Chaque adultère est une sonate merveilleuse car l’essentiel de l’audition est lié au guet qui naît dans le silence. Adam entendit Dieu dans les feuilles du jardin dès l’instant où il se crut coupable. Ce n’est qu’ensuite, dans l’ombre, qu’il se découvrit nu. Ce fut longtemps après Némie et le bourg de Verneuil que j’éprouvai ce lien qui va du son à l’ombre. La poignée de la porte de la petite maison qui donnait sur la place était en faïence. C’était comme s’il se fût agi d’un oeuf luisant et humide dans la chaleur de la fin d’été. Le gras des doigts en était touché comme d’une huile fraîche.
Le moindre bruit était dangereux.
J’empoignais cet oeuf blanc de faïence.
Je tournais doucement la poignée qui tournait sur elle-même.
Le pêne pénétrait dans la gâche mais je lâchais pas la poignée que ma propre crainte avait couverte de sa suée.
J’attendais que le pêne claquât faiblement en retombant.
Alors je laissais revenir la poignée blanche. Je poussais doucement la paroi en bois de la porte tout en la tirant vers moi avec la poignée afin qu’elle s’ouvrît sans bruit.
*
J’avance encore dans le corridor de la nuit.
*
J’évoque les sonates qu’aiment le plus au monde les hommes infidèles. J’avais peur de rejoindre celle que j’aimais. Tout homme a du désir pour cette peur.
Son désir est la peur.
*
Le ventre se serre. J’aime cette peur dans l’ombre et que cette ombre accroît. Le coeur bat plus vite. Je progresse dans le secret comme dans l’ombre.
*
J’avais traversé le jardin maritime.
S’accroupir brusquement sur la marche près de la porte. Ôter ses chaussures pour ne pas déposer de marque humide sur le plancher.
Avancer ridiculement en tenant à la main la paire de chaussures aux semelles mouillées et l’odeur encore tiède. Je ne décrirai pas ces nuits où le langage était risible. Il le serait encore. Il le sera toujours.
*
Vie secrète

Sollers – J’aime : … la brise nord-est, l’amitié, les conversations animées, mes erreurs, l’herbe, le rire, la musique, et encore la musique

J’aime :
les lits, la toile, le coton, le lait, l’eau, le savon, le café, le vin, le whisky, les matins en feu, la nuit étoilée, les allées de l’Observatoire à Paris, le 5 rue Sébastien-Bottin, la Seine au coin du quai Voltaire, le bar du Montalembert, mon bureau avec son rouleau chinois poème Tang, son petit éléphant blanc et son lingam indiens, son pi de jade, un dé noir et blanc posé sur le chiffre 3, quelques femmes intenses, la poésie de pensée, les dictionnaires, les acacias, les roses, le lierre, les lilas, les orchidées, les marées, le petit bateau au bout du ponton, le Dorsoduro à Venise, le gravier, l’odeur du varech, le sel, la pluie dans les vitres, les oeufs, le soleil sur ma tempe gauche vers le 15 février, la Rambla de las Flores à Barcelone, les allées de Tourny à Bordeaux, mes adorables parents morts, mon fils m’appelant « charmant papa » dans son enfance, mon ancêtre navigateur au long cours, la brise nord-est, l’amitié, les conversations animées, mes erreurs, l’herbe, le rire, la musique, et encore la musique, et encore une fois la musique, les voyelles, les couleurs jamais égales à elles-mêmes, le noir, le blanc, le rouge, le vert, le bleu, le jaune, le violet, les mots qui les désignent, les réveils, l’odeur de la cire, de la peinture fraîche, du gazon récemment tondu, l’encre, le papier, les buvards, les syllabes, le néant, le vide, le plein, les intervalles, les neutrinos, les quarks, les volcans, Palladio, Watteau, Bernin, le Temple du Ciel à Pékin, la rivière Luo, la neige, le poisson grillé, les abricots, les huîtres, les palourdes, les pêches, l’imprévu, les taxis, le sommeil, les regards, les signes d’attention, la politesse, le vieux Bach, les lauriers, la lavande, l’eau de Cologne, la lenteur, la vitesse, le calme plat, les orages, la foudre, les aéroports, les bords de l’Hudson, l’aspirine, la sieste, les rideaux, le moment entre chien et loup, le silence de 3 heures du matin, les rais de lumière à travers les volets, les barques, les rames, les biographies et ce qu’on peut en lire entre les lignes des biographies, l’incroyable liberté de l’eau, les verres, les tasses, les bouteilles, les embrasures, les angles, la cryptographie, la clandestinité, les complicités, les perles, les lagunes, le sable, l’argile, les haies, les criques, les anses, les baies, les greniers, les caves, mes stylos à pompe, les écluses, les voiles, les enfants dans les parcs, l’absurde, l’abandon, les chevaux, les tortues, les faucons, les mouettes, les papillons blancs, les cendres, les crevettes, les chaises, les fauteuils, les tables, les aventures menées jusqu’au bout, les illusions, les rêves, le chiffre 8, la vérité, le secret.

Les voyageurs du temps

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