Alors que je pars à la recherche des quelques textes repris et falsifiés par Elsa M., les archives me donnent le tournis. — Retrouver comme ça un premier texte, non publié, sur Clem. Après notre rencontre il devait rentrer aux Etats-Unis. Nous passions pratiquement 24/7 ensemble via le téléphone. Il me donnait des recettes de cuisine. « c’est maintenant que tu rajoutes ça, ou ça… »

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« J’aime les persiennes ajourées, très légèrement entrouvertes. Quelques rais de lumière filtrant les après-midi ensoleillées d’été. Dans ce vaste monde, toi le journaliste, qu’est-ce qui t’émeut ? Cela peut aller je le sais d’un sourire d’enfant à la canne d’une vieille femme, de la couleur bleue mariale au rouge sang d’une corrida. Entrouvre les persiennes pour moi, mon Clem, mais garde mystère. Je connais ton courage, je connais ta poltronnerie. Je connais tes larmes. Je connais tes rires. Je connais ta sensualité débridée à l’écrit ta rigueur austère brusquement à l’oral. Je connais tes enthousiasmes. Je ne te connais aucune indifférence. Je connais ta confiance en moi. Je connais ton érudition, tu ne connais pas mon ignorance. Je connais ta persévérance. Je connais quelques de tes insolences, tes inquiétudes, tes ruses flagrantes. Je connais ton esprit facétieux, je n’ignore pas ta gravité. Tu m’inspires l’impatience, et ça ne va pas… Tu m’inspires la passion, il me faut rester dans l’attente. Tu m’inspires le chaud. Tu m’inspires la certitude, alors qu’il me faudrait rester dans l’humilité, la réalité. — et je chuchote, et je chuchote… »

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