Au rez-de-chaussée d’une rue au nom improbable derrière Montparnasse, Anne exerce en fin de semaine sa fonction d’hypno-thérapeute. Les autres jours, elle agit dans un établissement hospitalier de la grande banlieue parisienne. Sa spécialité, entre autre, l’hypnose symbolique – dont j’ignorais absolument l’existence. C’est Marie qui me l’a fait connaître. — Va voir Anne !
Grande, un large sourire, une masse de longs cheveux noirs ; extrêmement sympathique. Dès qu’on voit Anne, on pense à Gauguin ou Matisse qui auraient aimé la peindre. — Banalité d’écrire cela, mais d’emblée on « sent » qu’elle sait écouter et saisir ce que l’on ne peut exprimer correctement. Alors, on y va.
Pour l’hypnose symbolique, 2 séances sont préconisées. Par la suite, éventuellement, en fonction d’un blocage précis. — Ses tarifs sont provinciaux dirai-je. Raison de plus de tenter le coup de la rencontrer.

Dernièrement,
il y eu ce trouble qui s’insinua en moi, commençant à me plomber. Une sorte de confusion assez gaie aussi, donc tentante. — Halte ! — J’ai pris un nouveau rendez-vous. L’accueil, chaleureux : Anna, j’ai pensé à vous hier soir ! La blanquette réchauffait, mon mari, cuiller à main, la surveillait, il me dit alors :
— « … Et si on ouvrait une bouteille de Champagne ! – Allez! »

Bref,
— J’explique le pourquoi de ma venue. Anne m’écoute. M’interroge. Me pousse adroitement vers mes retranchements, chercher peut-être ce qu’il pourrait y avoir derrière tous ces Je ne sais pas. Puis, la dernière demi-heure, je m’allonge, elle met la musique. Aidée par sa voix, on arrive au symbolique, par la pensée, la visualisation. Pas moyen d’y échapper. On voit l’image. Ce samedi-là, dans mon cadre, les autres fois si lumineux, il y avait la brume, qui ne partait pas. Comment la faire partir ? Alors, elle m’a aidé. — Ce n’était pas franchement le bleu horizon, mais on y voyait mieux. — Et je pars.
Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il m’arriva en fin d’après-midi.
Dantesque, elle fut dantesque, l’angoisse, d’un coup, vers 17 heures, l’incompréhensible, l’absolue angoisse qui étreint tout. Bloque tout. Je voyais surtout défiler à la va-vite des images récentes, anciennes, surtout d’Urli, Laura. Un manque, un manque terrible terrible. Que faire, que faire. — Dormir.
Et le lendemain matin… le lendemain matin,
tout était d’un bleu si joli !
Le calme après la tempête… tout de nouveau simple et évident.
À sa place.

Alors j’ai écrit à Anne.
Sa réponse : « Cela ne m’étonne pas. C’est ce que j’adore avec l’hypnose. Déposer, évoluer, changer et aller vers ce qu’il y a de meilleur pour soi. — Vous avez la réponse à votre confusion gaie. »

*

Nota : si vous souhaitez les coordonnées d’Anne, je vous les transmets.