… en attendant que Junior, qui vient d’arriver en ce début d’après-midi, et dont j’avais évidemment zappé le rendez-vous pour le grand nettoyage de Noël, sans oublier les tommettes à faire briller et les parquets à raviver — « C’est ma deuxième maison ici » dit-il — donc, en attendant, pour le déranger le moins possible, je me pose dans la cuisine, me disant que ce serait pas mal d’écrire quelques mots sans intérêt, comme ça en passant, pour le plaisir d’entendre le claquement des touches du clavier sous les doigts. Parce que la tête est toute propre ; me suis coupée la frange de nouveau, Cédric va pas aimer…, bref, pour être devant cet écran loin de l’actualité du moment qui m’atteint un peu trop, comme nous tous je présume.
— Et puis, il y eu cette matinée si noire, oppressante émotionnellement. Sans raison. Je suis à chaque fois désarmée devant cet accablement qui se pointe, qui sabre sec. — Sortir, pour Erri. Nous avons marché. Pas envie d’aller où se trouve la foule ; choisir les petites rues. La déambulation me mène chez Irié. Accueil chaleureux d’une jeune vendeuse, ressemblant à une héroïne de Manga. Tout ce qui est sur les portants est à — 50% me dit-elle. — Je vois un gros pull posé sur une étagère. Je sais bien que ce n’est pas un portant, mais je reste optimiste, — et non. Adjugé quand même. — Il y avait l’autre jour cette parka en cuir noir léger léger, qui bougeait si bien. Il n’y avait pas ma taille. Peut-être aujourd’hui ? — Elle descend. Remonte avec la bonne taille. — Fait pour moi — Oui, ai-je dit. Assez de dire toujours Non. Prends ! semblent même me dire mes amours. Je les écoute toujours.
Irié, souriant. Il ne se rappelle plus, mais nous l’avons connu mince et chevelu… il m’offre un étui avec 3 vaporisateurs. Un parfum au citron, dont les tonalités changent en fonction des moments.
Nous sommes rentrés, et Junior est arrivé.

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