cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

La fantaisie

Je voudrais qu’elle décide de s’agripper à moi, de ne me lâcher jamais plus, la fantaisie, la merveilleuse fantaisie. Pas celle du boucan, des éclats, des rires de façade, du remue-ménage, du systématique, du genre bouger pour bouger, faire pour faire.
Non, celle qui fait que le sang bouillonne, que le silence devient révélateur de mots, de sensations inédites, d’audaces. L’audace et la fantaisie vont de pair me semble-t-il, peut-être je me trompe.
Sollers, comme souvent, me donne la réponse, la méthode.
« La fantaisie et la liberté d’imagination ne s’acquièrent pas comme ça, qu’il y faut du temps, de l’obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison. »

C’est décidé : je m’obstine.

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  1. Catherine Sullivan

    Très bon ton passage, Anna, et comme d’habitude très juste. Il m’a fait réfléchir à la question de ce qu’est la fantaisie, l’imaginaton.
    Un don du ciel? Touche-t-elle chaque individu de la même manière? Comment l’obtenir et l’utiliser? etc.
    Pour moi il y a plusieurs étapes. En image je vois une base propice à la germination d’une petite graine dans un environnement favorable à sa croissance, suivi d’un entretien rigoureux.
    Donc un esprit détendu, libre, réceptif, éveillé, acceptant toutes les idées qui pointent même les plus farfelues dans un environnement favorable comme par exemple la musique, la lecture, les conversations, les arts, la marche. Se laisser
    porter par les rêves, ne pas restreindre l’imagination, ne rien limiter, ni ordonner ni contrôler.
    Puis ça se complique car faut choisir une de ces graines et suivre les conseils de Sollers donc cultiver, irriguer, arroser, défricher, fertiliser, en bref il faut beaucoup travailler pour canaliser l’imagination, la fantaisie/fantasy, surtout en litérature peut-être moins en musique ou en peinture.
    Je suis tout à fait de ton avis « l’audace et la fantaisie vont de pair »! J’y ajouterai une touche d’exentricité, ce qui font des Anglais les maîtres de la « fantasy fiction », spécialement Mervin Peake et sa « Gormenghast Trilogy » dont le premier volume « Titus Groan » a été publié en 1946.
    A bientôt de te lire.

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