cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

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E N A T T E N D A N T….

… en attendant que Junior, qui vient d’arriver en ce début d’après-midi, et dont j’avais évidemment zappé le rendez-vous pour le grand nettoyage de Noël, sans oublier les tommettes à faire briller et les parquets à raviver — « C’est ma deuxième maison ici » dit-il — donc, en attendant, pour le déranger le moins possible, je me pose dans la cuisine, me disant que ce serait pas mal d’écrire quelques mots sans intérêt, comme ça en passant, pour le plaisir d’entendre le claquement des touches du clavier sous les doigts. Parce que la tête est toute propre ; me suis coupée la frange de nouveau, Cédric va pas aimer…, bref, pour être devant cet écran loin de l’actualité du moment qui m’atteint un peu trop, comme nous tous je présume.
— Et puis, il y eu cette matinée si noire, oppressante émotionnellement. Sans raison. Je suis à chaque fois désarmée devant cet accablement qui se pointe, qui sabre sec. — Sortir, pour Erri. Nous avons marché. Pas envie d’aller où se trouve la foule ; choisir les petites rues. La déambulation me mène chez Irié. Accueil chaleureux d’une jeune vendeuse, ressemblant à une héroïne de Manga. Tout ce qui est sur les portants est à — 50% me dit-elle. — Je vois un gros pull posé sur une étagère. Je sais bien que ce n’est pas un portant, mais je reste optimiste, — et non. Adjugé quand même. — Il y avait l’autre jour cette parka en cuir noir léger léger, qui bougeait si bien. Il n’y avait pas ma taille. Peut-être aujourd’hui ? — Elle descend. Remonte avec la bonne taille. — Fait pour moi — Oui, ai-je dit. Assez de dire toujours Non. Prends ! semblent même me dire mes amours. Je les écoute toujours.
Irié, souriant. Il ne se rappelle plus, mais nous l’avons connu mince et chevelu… il m’offre un étui avec 3 vaporisateurs. Un parfum au citron, dont les tonalités changent en fonction des moments.
Nous sommes rentrés, et Junior est arrivé.

*


T EN T E Z L E C O U P !

Au rez-de-chaussée d’une rue au nom improbable derrière Montparnasse, Anne exerce en fin de semaine sa fonction d’hypno-thérapeute. Les autres jours, elle agit dans un établissement hospitalier de la grande banlieue parisienne. Sa spécialité, entre autre, l’hypnose symbolique – dont j’ignorais absolument l’existence. C’est Marie qui me l’a fait connaître. — Va voir Anne !
Grande, un large sourire, une masse de longs cheveux noirs ; extrêmement sympathique. Dès qu’on voit Anne, on pense à Gauguin ou Matisse qui auraient aimé la peindre. — Banalité d’écrire cela, mais d’emblée on « sent » qu’elle sait écouter et saisir ce que l’on ne peut exprimer correctement. Alors, on y va.
Pour l’hypnose symbolique, 2 séances sont préconisées. Par la suite, éventuellement, en fonction d’un blocage précis. — Ses tarifs sont provinciaux dirai-je. Raison de plus de tenter le coup de la rencontrer.

Dernièrement,
il y eu ce trouble qui s’insinua en moi, commençant à me plomber. Une sorte de confusion assez gaie aussi, donc tentante. — Halte ! — J’ai pris un nouveau rendez-vous. L’accueil, chaleureux : Anna, j’ai pensé à vous hier soir ! La blanquette réchauffait, mon mari, cuiller à main, la surveillait, il me dit alors :
— « … Et si on ouvrait une bouteille de Champagne ! – Allez! »

Bref,
— J’explique le pourquoi de ma venue. Anne m’écoute. M’interroge. Me pousse adroitement vers mes retranchements, chercher peut-être ce qu’il pourrait y avoir derrière tous ces Je ne sais pas. Puis, la dernière demi-heure, je m’allonge, elle met la musique. Aidée par sa voix, on arrive au symbolique, par la pensée, la visualisation. Pas moyen d’y échapper. On voit l’image. Ce samedi-là, dans mon cadre, les autres fois si lumineux, il y avait la brume, qui ne partait pas. Comment la faire partir ? Alors, elle m’a aidé. — Ce n’était pas franchement le bleu horizon, mais on y voyait mieux. — Et je pars.
Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il m’arriva en fin d’après-midi.
Dantesque, elle fut dantesque, l’angoisse, d’un coup, vers 17 heures, l’incompréhensible, l’absolue angoisse qui étreint tout. Bloque tout. Je voyais surtout défiler à la va-vite des images récentes, anciennes, surtout d’Urli, Laura. Un manque, un manque terrible terrible. Que faire, que faire. — Dormir.
Et le lendemain matin… le lendemain matin,
tout était d’un bleu si joli !
Le calme après la tempête… tout de nouveau simple et évident.
À sa place.

Alors j’ai écrit à Anne.
Sa réponse : « Cela ne m’étonne pas. C’est ce que j’adore avec l’hypnose. Déposer, évoluer, changer et aller vers ce qu’il y a de meilleur pour soi. — Vous avez la réponse à votre confusion gaie. »

*

Nota : si vous souhaitez les coordonnées d’Anne, je vous les transmets.

Flashback

Elle a quoi cette gamine, accroupie sur le trottoir, regardant filer l’eau dans le caniveau, 8-9 ans…
C’est l’été. Ses copains, copines sont tous partis. Ailleurs. Elle, reste seule dans cette banlieue rouge de l’Est parisien, mais elle s’en fiche. Sa grand-mère est là. Sa mère est en Afrique où elle travaille. Elle ira, mais plus tard. Reviendra assez vite, malade des fortes chaleurs. — Elles habitent une assez grande maison, pas très belle, pratique. Au rez-de-chaussée, deux familles, une au premier, et elles, au second, sous les toits. Pas de jardin. Pas de fleurs. Une cour, comme le reste, pratique, on y étend le linge, range les vélos…
La ville va devenir méconnaissable. Ils veulent abattre son beau cerisier dans le jardin de la maison d’en face. Ils veulent abattre les maisons qui font le charme de ces sentes où elle va cueillir les framboises, les mûres et ses préférées, les groseilles. Insalubrité, disent-ils. Modernité. Ils veulent abattre le bistrot du coin, le boulanger, le boucher, l’immense laverie, la laiterie. On entend déjà leurs pelleteuses qui creusent l’autoroute là-bas. Leurs engins préparent un futur pont. Son espace estival ? Une sorte de no-man’s land. Les voitures ne peuvent plus passer, la rue est une impasse, le petit bistrot aux immuables joueurs de cartes en fixe l’extrémité avec ces tonnes de monceaux de sable.
Elle semble étrangère à ce vacarme. Inconsciente de sa solitude. Juste consciente que c’est l’été, qu’elle est en vacances. Il fait beau. Le marchand de glaces va sûrement passer. Sa grand-mère va la gâter. Elle lui prendra du jambon pour déjeuner, avec des cornichons croquants, du saucisson, trop souvent, du pain de Gênes. Parfois de la limonade et les pâtes, bien sûr, qu’elle ne renie pas en Italienne qu’elle est. Mais, ayant fui le pays des fascistes, elle prendra toujours des pâtes françaises. C’est, à ma connaissance, la seule italienne qui ne soit jamais revenue au pays. « Ici, on m’a donné à manger, on m’a appris le Français, et pour la première fois on m’a appelé Madame. »
La petite fille découvrira l’Italie à l’adolescence ; sa mère voulant absolument lui faire connaître la Ligurie, Santa Margharita. Une merveille. Son premier flirt italien, un sicilien de son âge, sombre, sombre, mélancolique comme c’est pas possible. Elle s’y amusera sans oublier que sa grand-mère y venait chaque octobre dans cette jolie ville pour s’abimer les mains et le dos à cueillir les olives, faisant une partie du voyage à pied depuis ses montagnes d’Emilie où les villages crevaient de faim.
Près de son caniveau, elle ne sait pas qu’elle vit là un de ses derniers étés de petite fille. Elle ne sait pas que de vraie blonde elle deviendra fausse blonde, portera les mini jupes de Mary Quant et les robes blanches des hippies. Elle ne sait pas encore que le voisin d’à côté, compagnon des chasses au trésor d’enfance, lui apprendra l’art du baiser, du tempo. — Une révélation. Merci Ami.
Mais en attendant tout cela, la petite fille lit. Elle lit tout le temps. Là, un livre de la collection Rouge et Or, que sa tante lui a offert. Elle ne le lâche que pour se laver, dormir, manger, aller au marché. L’Expédition du Kon Tiki. Elle n’en revient pas de ce qu’elle lit. Elle est avec eux, Thor Heyerdahl et l’équipage, sur ce radeau, entre Pérou et Polynésie. — L’aventure, son été.
Le romanesque ne la quittera jamais plus.
Sa grand-mère l’appelle : « Il fait chaud. Tu as soif ? »

******

J’aime beaucoup ce que vous faites !

Le visage, que je connais bien maintenant, apparaît plus ou moins régulièrement sur mon compte Twitter pour aimer telle ou telle citation ou image. Nous nous suivons mutuellement. Lorsque je le vis hier, ce visage, à la suite de la publication d’une photo de la brasserie d’à côté un vendredi soir, je me suis dit qu’il serait sympathique d’expliquer comment se déroula la rencontre, non virtuelle, entre nous.

Je raconte.

Le début de l’automne l’année dernière. La maison est en travaux. Je suis toujours dans cet aparthôtel où je m’ennuie. Je remonte la rue Dauphine au rythme d’Erri, lentement. J’entends soudain – Anna ! Anna ! et je vois traverser du trottoir d’en face, à pas rapides, un homme à l’allure d’adolescent, les bras chargés de vêtements dans des sacs plastique transparents, repris visiblement du pressing. Il sourit lorsqu’il arrive devant moi. « Je vous suis sur twitter, j’aime beaucoup ce que vous faites.  » — et je le regarde. Le regarde. Ne disant absolument rien. Juste je le regarde. Je le regarde. Comment dire ? On sent la vie en lui. Il est étonnamment vivant. C’est un gentil d’évidence. Il est probablement gêné de ce silence. De mon sourire béat. Nous sommes là, figés et silencieux. — Finalement, je me rapproche de lui. Doucement, – « Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous ? »… Il soulève un bras, comme pour signifier « Ça n’a pas d’importance » et s’apprête à traverser de nouveau la rue. Je le regarde s’éloigner. Il se retourne alors, Je m’appelle Pascal Rambert ! — D’évidence, l’ignorante que je suis, ne le connaît pas.

Alors, hier soir, suis allée sur Google pour m’informer un peu mieux sur lui.
Pascal Rambert a créé son premier groupe de théâtre à 17 ans.
Son professeur de philosophie d’alors : Clément Rosset. Il rencontre très vite Jean-Pierre Vincent, Claude Régy puis Antoine Vitez…
Pascal écrit… écrit… — Pascal monte une compagnie. Pascal voyage.
Ses pièces sont traduites en 23 langues.
Des prix, à foison.
mentionné qu’il est Chevalier des Arts et des Lettres.

C’est cet homme-là, les bras chargés de vêtements sous plastique, qui m’a interpellée.
« J’aime beaucoup ce que vous faites !… »

La beauté, décidément….

* * * *



Deux feux

Je l’ai regardée d’un coup. Fixée du regard. Et là, je l’ai vraiment vue.
Alors, la colère intérieure s’est immiscée.
Deux feux… la plaque électrique que j’ai à la maison n’a que deux feux…
Je me souviens lorsque je suis allée avec Philippe chez Darty, à la Madeleine. Ensemble nous avons fait la tournée des popotes, choisi rapidement la machine à laver, le frigo, le four, la plaque….. Après, satisfaits, nous avons déjeuné d’une omelette aux truffes dans le resto voisin, papotant sur mille choses.
Je suis entièrement responsable de ces choix. J’ai été dans l’acceptation lorsque le vendeur m’a dit, une petite plaque suffit vous êtes seule, et il y a le four pour cuisiner.
Alors, quoi ? Et bien ce matin-là, en la voyant, elle m’a ramené à être la veuve. Veuve. Vous êtes seule, cela suffit. Et cette petite plaque m’a parue d’un coup la tristesse absolue.
Refus de l’idée illico.
J’appelle Sami qui me confirme qu’il est absolument possible de tailler dans le béton, je devais juste demander la hauteur du panier. Il ne faut pas que ça dépasse 5 centimètres.
J’ai mis mon manteau. Suis allée à deux pas, rue du Bac, chez Miele. Expliqué au vendeur .
J’ai vu alors la plus jolie plaque électrique du monde, avec ces feux joyeux et l’idée qui va avec.

***


La tenaille

Tu descends la rue des Saints-Pères, tu aperçois, sur le quai qui fait l’angle, un rayon de soleil qui embellit une seule branche d’un des peupliers en leur automne. Tu veux prendre le téléphone, capter l’instant et c’est là, à cet instant, qu’elle décide d’entrer dans le tempo. La tenaille. Qui te brise presqu’en deux, tant elle tranche dans le vif intérieur. Tu es d’un coup totalement indifférente à Erri, qui avance. Toi, tu ne peux pas, dans l’impossibilité de retrouver une respiration. Et tu connais la suite, la douleur qui s’engouffre, le manque d’eux qui envahit tout le corps. — On m’a tout dit sur ça. La vanité. La solitude voulue. L’inaction. Le manque de fraternité. De partage…. Tout peut être vrai, je m’en fous je dois bien l’avouer. — Je veux retrouver ma campagne. Y arriver. Trop de monde sur ce quai. Fuir le bruit.
Y arriver, sans tenir compte d’éventuels besoins d’Erri. Rentrer. Il me faut rentrer. La porte. Le code. Traverser la cour. Monter. Les clés. Ouvrir la porte. Le soleil illumine la pièce. Mon corps, d’un coup, retrouve sa densité. Le coeur est calmé, comme si rien ne s’était passé. — Chercher un gâteau. Des Palmito. — Partager avec Erri — Faire un café — Ne pas pleurer.

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Les persiennes ajourées

Alors que je pars à la recherche des quelques textes repris et falsifiés par Elsa M., les archives me donnent le tournis. — Retrouver comme ça un premier texte, non publié, sur Clem. Après notre rencontre il devait rentrer aux Etats-Unis. Nous passions pratiquement 24/7 ensemble via le téléphone. Il me donnait des recettes de cuisine. « c’est maintenant que tu rajoutes ça, ou ça… »

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« J’aime les persiennes ajourées, très légèrement entrouvertes. Quelques rais de lumière filtrant les après-midi ensoleillées d’été. Dans ce vaste monde, toi le journaliste, qu’est-ce qui t’émeut ? Cela peut aller je le sais d’un sourire d’enfant à la canne d’une vieille femme, de la couleur bleue mariale au rouge sang d’une corrida. Entrouvre les persiennes pour moi, mon Clem, mais garde mystère. Je connais ton courage, je connais ta poltronnerie. Je connais tes larmes. Je connais tes rires. Je connais ta sensualité débridée à l’écrit ta rigueur austère brusquement à l’oral. Je connais tes enthousiasmes. Je ne te connais aucune indifférence. Je connais ta confiance en moi. Je connais ton érudition, tu ne connais pas mon ignorance. Je connais ta persévérance. Je connais quelques de tes insolences, tes inquiétudes, tes ruses flagrantes. Je connais ton esprit facétieux, je n’ignore pas ta gravité. Tu m’inspires l’impatience, et ça ne va pas… Tu m’inspires la passion, il me faut rester dans l’attente. Tu m’inspires le chaud. Tu m’inspires la certitude, alors qu’il me faudrait rester dans l’humilité, la réalité. — et je chuchote, et je chuchote… »

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À Elsa M.

Le plaisir est-il si grand que vous les preniez vôtres à ce point les mots de mes petits billets sur Cet air de rien. Les remanier en mettant votre prénom, Elsa — Si cela n’était que pathétique, je n’interviendrais pas. Vous avez utilisé le mot de trop si je puis dire, dans ce texte Sparadrap, où je parle d’Urli, mon mari.
Vous avez rayé ce nom magnifique pour mettre un vulgaire pronom, Lui. —
Alors Elsa, vous allez arrêter cela immédiatement, supprimer de votre page Facebook ces textes copiés/Collés/remaniés.
Quant aux photos que vous pillez aux uns aux autres, pourquoi ne pas les créditer si vous le pouvez ? — Tentez le coup.


Donc,

Donc, l’Automne et la fraîcheur s’installant, je me suggère de rallumer les radiateurs, d’abord dans la salle de bains ; puis ceux en fonte dans les pièces. L’idée, banale, se révèle un parcours initiatique, non achevé à l’heure actuelle.
— Bac + 4 pour la compréhension de la mise en route.
Alors, imaginez-moi devant les petits cadrans aux multiples signes. Je me dis, ne t’accable pas. Touche ici ou là tu verras bien. Que nenni. Froids, ils restent froids les adorables radiateurs qui ne demandent qu’à faire le job. Je me sens tellement sotte devant ces P1, P2, P3, les chiffres qui les accompagnent.
Alors, j’appelle Sami, un géant pakistanais qui était un des ouvriers du chantier. Un adorable. Un Hercule, parlant et écrivant un français sans faute. — Vous inquiétez pas Madame Anna, je vais vous faire ça. — J’adore quand il m’appelle Madame Anna…. Madame… m’y ferai jamais. Suis juste Anna.
Bref, Sami arrive donc. Bonjour, bonjour, un café ? …. Va dans la salle de bains, clique ici et là. Ça commence à chauffer. Vous voyez Madame Anna : + là, – là… OK, je vois.
Ensuite, Sami se couche sous les radiateurs en fonte. Là, l’affaire se complique tant il y a de programmes (incompréhensibles). Je lui dis souhaiter 20° dans la cuisine et 19 ailleurs.
Il s’applique. Ça commence à chauffer, piano piano… La fonte bien sûr. Et il part.
Quelques heures après, le froid est de nouveau en place, partout.
Sami revient le lendemain. Rebelote pour la gymnastique. Rien… Il décide alors d’aller chez Leroy-Merlin pour qu’on lui explique la chose. De mon côté j’essaie de joindre la société italienne. Là encore chou blanc, il faut des codes !
Bref, Venez vite Sami, j’ai un dîner demain…

Vedremmo.

*


Les Fioretti

Dans la petite rue où je vis, on trouve un petit café d’habitués, un magasin d’alimentation générale ouverte presque 24/7, de nombreuses boutiques d’antiquaires et deux galeries d’art contemporain. L’une d’entre elles est juste à côté de la porte d’entrée de notre immeuble. Le plus souvent j’y vois des toiles noires et blanches qui ne m’inspirent rien… Mais là… là…. il y eut cette exposition d’Hélène Baril (totalement inconnue de moi). La couleur. Des gouaches en pointillés sur papier de 25 par 35 cms.
Des couleurs d’une douceur captivante. On est à l’aise à regarder ces Fioretti ; référence aux Fioretti de Saint-François d’Assise. Hélène Baril créant son propre personnage : Gropieds (sic).
« Comme dans les contes, les gouaches d’Hélène Baril représentent un monde aux lois arbitraires, un monde avec sa logique propre. Grospieds est un personnage avec une densité imaginaire qui s’est créé au fil du temps, dans la nécessité de constituer un plan pour le dessin et la couleur…. Personnage burlesque et démiurge avec compagnons alliés et ennemis, il pose un espace, peut-être celui du jardin (mais pas de l’Eden), et un temps – le temps qu’il fait, le temps qui se déroule, le temps qui fabrique. Il installe son quotidien, formant ainsi cette série de Fioretti – référence aux Onze Fioretti de Saint-François d’Assise de Roberto Rossellini.
Trois Fioretti m’accompagneront désormais.

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